Vive le Québec libre !

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Le général de Gaulle, à Montréal, le 24 juillet 1967. Photo : AFP

Il y a un peu plus de 50 ans, sur le balcon de l’hôtel de ville de Montréal, le Général de Gaulle prononça ces paroles qui firent tant de bruit et d’abord immédiatement.

A Paris, dans les couloirs de l’Assemblée nationale, où je me trouvais, elles furent diversement appréciées.

« Le vieux a perdu la tête » entendait-on dans l’Opposition cependant que la Majorité était plus qu’inquiète ; il faut dire que nous étions après les élections de 1967 et que la Majorité dépassait à peine d’une voix.

A l’étranger et particulièrement dans le monde anglo-saxon, l’appréciation du Général fut condamnée et le voyage commença à prendre fin.

Heureusement tout n’avait pas été entendu : voici pourquoi.

Plus tard, je me rendis au Canada et rencontrais le Maire de Montréal, Jean Drapeau, que je devais revoir à Paris chez l’Ambassadrice du Canada alors auprès de l’UNESCO et qui n’était autre que l’épouse de mon collègue parlementaire le Docteur Bernard alors comme moi Député du Tarn.

Lors de ma visite à Montréal au cours du chantier des Jeux Olympiques que dirigeait mon ami architecte Roger Taillibert, j’appris la totalité du propos ; il était le suivant :

« Vive le Québec ! Vive le Québec libre ! Vive le Canada français et vive la France ». Les deux derniers termes couverts par les clameurs ne furent pas entendus, heureusement, c’était une sorte d’appel à la sécession.

Le Général en effet de Québec à Montréal avait parcouru « La route du Roy »  et s’était adressé partout non pas aux canadiens français selon l’usage mais à des français canadiens.

Ainsi de Gaulle continuait de s’adresser aux français.

Le temps a passé, le Québec libre n’est pas réalisé mais les paroles ne sont pas effacées, elles restent parmi les plus célèbres de la geste gaullienne et cinquante après reçoivent l’inaltérable dignité des mots historiques.

Jacques Limouzy

 

Extrait du discours de Charles de Gaulle au balcon de l’hôtel de ville de Montréal, le 24 juillet 1967

« C’est une immense émotion qui remplit mon cœur en voyant devant moi la ville de Montréal… française. Au nom du vieux pays, au nom de la France, je vous salue. Je vous salue de tout mon cœur! Je vais vous confier un secret que vous ne répéterez pas.

Ce soir ici, et tout le long de ma route, je me trouvais dans une atmosphère du même genre que celle de la Libération (…)
……………………..

La France entière sait, voit, entend ce qui se passe ici et je puis vous dire qu’elle en vaudra mieux.

Vive Montréal ! Vive le Québec !

Vive le Québec… libre !

Vive le Canada français ! Et vive la France ! »