Lettre ouverte aux maires du Tarn

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Bernard Carayon, Maire de Lavaur et Conseiller régional d’Occitanie vient d’écrire une lettre ouverte à l’intention des maires du Tarn. Ce courrier est notamment consacré aux « exigences » prônées par la «République en Marche » pour les élections municipales de 2020 ». Il écrit :

« Mes chers collègues,

J’ai été, sans doute comme vous, scandalisé par le hashtag #BalanceTonMaire lancé par des parlementaires macronistes.

Alors que le Gouvernement réduit nos moyens de financement – supprimant la Taxe d’Habitation, une de nos principales ressources – dont la compensation variera évidemment selon son « bon plaisir », que nos collègues sont de plus en en plus nombreux à renoncer à leurs fonctions, écrasés par les responsabilités, les risques juridiques et les normes bureaucratiques, stigmatiser les maires est scandaleux !

Ce n’est pas tout : le parti du Président Macron a précisé récemment ses « exigences » pour les élections municipales de 2020.

Ainsi, les candidats, par exemple DVD ou DVG, PS ou LR, qui souhaiteraient bénéficier du soutien de la « République en Marche » – et donc ne pas avoir de candidat de la « majorité » face à eux -, doivent :

« Souscrire formellement aux valeurs inscrites dans la charte du progressisme municipal » (…)

« Ne pas soutenir aux élections européennes une liste concurrente ».

Cette démarche n’est pas seulement sectaire : elle est inappropriée à des élections où les choix des électeurs sont déterminés, le plus souvent, par un projet local et la volonté d’une équipe de servir avant tout une population et son territoire. Elle exprime une défiance à l’égard des exécutifs locaux, une volonté parisienne et technocratique de cadenasser toute forme d’expression démocratique étrangère aux intérêts de la « Majorité ».

Cette politique, soutenue au Parlement par Mme Verdier-Jouclas, MM. Folliot, Terlier et Bonnecarrère, apparaît comme un chantage désespéré pour s’ancrer dans la vie locale.

Ne soyons pas dupes :

Le soutien de la République En Marche, dont la politique est rejetée – selon des sondages concordants – par 70 % des Français, s’apparente à celui de la corde pour le pendu…

M. Gérard Collomb, lui-même, ancien ministre de l’Intérieur, vient d’annoncer qu’il ne solliciterait pas l’investiture d’En Marche pour les municipales à Lyon… C’est tout dire.

Recentralisation budgétaire, inflation normative, augmentation phénoménale du coût des énergies pour financer la « transition énergétique », autant de motifs de colère, parmi beaucoup d’autres, qui ont conduit nos associations d’élus municipaux, départementaux et régionaux à boycotter les rencontres organisées par le Premier ministre.

Gardons donc la tête froide. Sauvegardons au moins l’indépendance de nos choix politiques – qu’ils soient publics ou intimes – et préservons-nous de greffes artificielles : c’est, aujourd’hui, la seule façon de défendre les libertés locales dont nous sommes devenus les principaux garants.

Je vous assure, mes chers collègues, de ma solidarité.

Bernard Carayon