« La France est veuve » (Georges Pompidou, 10 novembre 1970)

Une cérémonie religieuse, à laquelle participaient Georges Pompidou, président de la République, 80 chefs d’État et de gouvernement, et des fidèles avait été organisée à Notre-Dame de Paris le 12 novembre 1970 (Photo © Fondation Charles de Gaulle)

C’est ainsi que son successeur, le Président Georges Pompidou, annonça aux Français, il y a plus de 50 ans, la mort du Général de Gaulle.

Conformément aux volontés du Général, il fut inhumé à Colombey-les-Deux-Eglises dans l’intimité familiale en présence de l’Armée Française, des Compagnons de la Libération, du Conseil municipal de Colombey  et de nul autre.

Lors de la messe de requiem, le 12 novembre 1970, à  Notre-Dame de Paris, sur la droite de la nef, se trouvaient les chefs d’Etat et souverains du monde entier ; protocolairement le plus ancien était Haïlé Sélassié, Empereur d’Ethiopie.

Sur la gauche, on trouvait Léopold Sédar Senghor, Félix Houphouët-Boigny et tous les chefs d’Etats africains dont l’un d’entre eux déclara : « De Gaulle, c’était le libérateur de l’Afrique ».

Latéralement, je me trouvais dans le Gouvernement en charge, celui de Jacques Chaban-Delmas.

De Gaulle avait été là lors de la disparition de la IIIe République, comme Secrétaire d’Etat dans le Gouvernement de Paul Reynaud ; de Gaulle était encore là lors de la disparition de la IVe République comme Président du Conseil de son dernier Gouvernement.

Avec la Ve République qu’il fonda, il sembla être devenu à la fois « le Roi, la République et la France » comme l’écrivit un jour Alain Duhamel.

Il en fut ainsi. Le Général de Gaulle s’en alla, il vécut un an dans la dignité et le silence qui déjà laissaient apparaître ce respect de l’Histoire qui entoure les lendemains des grandes destinées.

Le grand journaliste américain William L. Shirer devait écrire en 1970 :

« Président de la Ve République pendant dix ans, objet de nombreuses controverses en France et hors de France, réglant le problème algérien par l’octroi de l’Indépendance, rendant au Pays beaucoup de son ancienne grandeur et lui donnant une décennie de stabilité exceptionnelle. Le 28 avril 1969, à l’âge de soixante dix-huit ans, l’homme du 18-Juin démissionna abruptement une fois encore après avoir été mis en minorité dans un référendum portant sur une réforme constitutionnelle relativement mineure. Pendant plus d’un quart de siècle, cet homme d’État, l’un des plus grands que la France eût connu, marqua l’histoire de son empreinte. Elle lui avait, après tout, donné raison dans une large mesure. »

Jacques Limouzy