A droite toute !

Cette semaine, la vie politique a été dominée par les conséquences des élections municipales et par la naissance d’un nouveau gouvernement.

Que faut-il penser des premières ? Sinon que l’on n’arrivera pas à savoir qui a gagné ces élections municipales mais on saura beaucoup mieux qui les a perdues.

L’écologie, dont la notion devrait appartenir à tout le monde, a fait irruption dans deux ou trois des plus grandes villes sans que nous sachions véritablement ce qu’elle peut y faire car ce qui est proposé va de l’écologie punitive à l’écologie contemplative.

Il reste que l’on peut se demander si, après que l’écologie ait été longtemps le protectorat de la gauche, cette dernière ne va pas à son tour devenir la protégée de l’écologie.

Les véritables vainqueurs des élections municipales se trouvent dispersés sur le territoire dans les villes petites, moyennes et dans certaines de plus de 100.000 habitants.

Cela montre bien que le succès des apparentés « Républicains » et « divers droite » s’ajoutant à celui des apparentés « divers gauche » et socialistes ne laisse aucune place aux républicains d’« En Marche ». On se demande donc s’ils peuvent toujours représenter le parti du Président.

Ainsi les municipales de 2020 pourraient-elles s’analyser à un certain rapprochement du pays réel avec le pays légal qui avait trop ignoré le territoire ?

Bien entendu, le remaniement ministériel s’inscrit dans cette tendance en faisant appel à un Premier ministre qui n’est plus de tendance « Juppé » comme celui qui s’en va mais d’origine « sarkozyste » comme celui qui arrive.

Il faut croire que dans ce gouvernement, le premier de la campagne présidentielle qui s’ouvre, on va tenir compte non pas des électeurs tels qu’ils devraient être mais comme des électeurs tels qu’ils sont.

Le Gouvernement qui s’en va penchait à droite, celui qui arrive y tombe tout à fait.

On pense alors à la parole de François Mitterrand qui disait : « On tombe forcément du côté on l’on penche ! »

Le problème politique lui-même s’est déplacé. Il n’est plus à gauche mais à droite et met en présence une Chambre introuvable dont l’inutilité s’accroît avec un parti républicain dont les interrogations s’accumulent.

Le gouvernement qui s’annonce est-il seulement le dernier du quinquennat ou le premier du suivant ?

Jacques Limouzy