La musique classique retourne dans la rue

Il y a dix ans, résonnaient dans le coeur historique de Castres les premières notes de musique du festival A Portée de Rue.

La Ville s’était alors lancée un véritable défi : faire sortir la musique classique des salles de concerts où elle était habituellement confinée pour la rendre facilement, gratuitement, accessible à tous. Pianos, violons et autres violoncelles dans la rue, dans un rapport direct entre artistes et auditeurs. Dix ans plus tard, le pari est gagné. Le Festival a trouvé ses marques et rencontré son public. Il s’est installé au coeur du mois de juillet, et a acquis une notoriété qui dépasse les frontières régionales.

L’évolution est également perceptible dans l’adhésion des musiciens, désormais de dimension internationale, qui choisissent de se produire à Castres à l’occasion d’A Portée de Rue. Il faut souligner aussi l’appui et le parrainage de grands noms tels que Georges Prêtre, Michel Bourdoncle, Frédéric Lodéon, qui ont permis la montée en puissance de ce festival.

L’aventure ne fait pourtant que commencer, et la Ville a la volonté forte de pérenniser ces rendez-vous musicaux, qui génèrent de si belles rencontres et mettent les plus grandes partitions à portée de tous, à portée de rue.

Pascal Bugis
Maire de Castres

Le programme

Mercredi 15 juillet

19h, Hôtel de Poncet, Emmanuel Rossfelder, guitare

A l’âge de cinq ans il débute la guitare classique, instrument qu’il dira plus tard avoir choisi pour ses courbes et sa sonorité. Après avoir obtenu la Médaille d’or au Conservatoire d’Aix en Provence, il devient, à 14 ans, le plus jeune guitariste jamais admis dans la classe d’Alexandre Lagoya au Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris. En 1991 et 1992, il obtient deux premiers prix à l’unanimité au CNSM de Paris Mais son bonheur n’est complet que devant le public. Il se produit sur les grandes scènes françaises et étrangères. Concertiste reconnu, il est, entre autres, « Victoire de la Musique Classique » en 2004 (catégorie Révélation Soliste Instrumental de l’année).

21h30, Parvis de l’église de la Platé, Sophie Fournier, soprano et Christian Ivaldi, piano

Christian Ivaldi a fait ses études au Conservatoire de Paris et obtient cinq premiers prix : piano, musique de chambre, contrepoint, accompagnement piano, et musique de chambre professionnelle. Il devient ensuite soliste à Radio France, dès 1961. Curieux et ouvert à toute interprétation musicale, il peut aussi bien enregistrer l’oeuvre à quatre mains de Franz Schubert avec Noël Lee qu’accompagner des chanteurs ou créer les musiques de son temps. En tant que musicien de chambre, il remporte des grands prix des Disquaires de France, trois prix de l’Académie Charles-Cros, deux prix de l’Académie du disque, et trois Diapasons d’or.

Sophie Fournier a une voix puissante, un médium sans faille qui lui permet d’être à la fois véritablement lyrique dans les passages chantés et à l’aise dans les séquences récitées. Elle a une diction, une prononciation d’un naturel tel que, chose rarissime (et que nous constatons la première fois dans le rôle), aussi parfaite musicienne que remarquable diseuse, elle place cette voix humaine à la frontière exacte mais insituable du théâtre et de l’opéra. Jamais elle ne  » chante « , toujours elle parle et pourtant, comme le souhaitait Poulenc, elle dit d’autant mieux la voix humaine qu’elle la chante vraiment… (Le Monde)

Jeudi 16 juillet

19h, Parvis de l’église de la Platé, Horia Mihail, piano

Le pianiste Horia Mihail a fait ses débuts dans sa ville natale, Brasov, en Roumanie, à l’âge de 10 ans. Depuis, il a effectué plus de 1 000 concerts à travers le monde. Il a réalisé ses études à l’Académie de Musique de Bucarest ainsi qu’à l’Université d’Illinois et à Boston aux Etats-Unis. Horia Mihail s’est installé en Roumanie en tant que pianiste concertiste permanent à la Philharmonie de Brasov après avoir été professeur à l’Université de Boston entre 1999 et 2002.

21h30, Hôtel de Poncet, Maria Eugenia Boix, Soprano et Anna Ferrer, Piano

Elève brillante au Conservatoire de Monzón, Huesca, en Espagne, Maria Eugenia Boix poursuit ses études au Conservatoire Supérieur de Bruxelles. En 2007 elle reçoit le Premier Prix  » Montserrat Caballé-Bernabé Martí « . En Juin 2012, elle est demi-finaliste au prestigieux concours Operalia organisé par Placido Domingo.

Issue d’une famille de musiciens, Anna Ferrer a fait ses études aux Conservatoires de Gérone et de Barcelone. Elle participe à de nombreux concerts accompagnée par des artistes de renom et comme soliste avec des orchestres prestigieux.

Vendredi 17 juillet

19h, Place Gabarrou, Gérard Poulet, violon et Mihai Ungureanu, piano

Gérard Poulet, fils du violoniste et chef d’orchestre Gaston Poulet, a un passé d’enfant prodige. Entré à 11 ans au Conservatoire National Supérieur de musique de Paris, il en sort l’année suivante avec un premier prix à l’unanimité du jury. A 18 ans, il remporte le 1er Grand Prix du Concours Paganini. S’il mène une carrière internationale, il n’en est pas moins un des plus grands pédagogues de notre temps. Il fut pendant 24 ans professeur au Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris avant d’être nommé au Japon, professeur à la très célèbre et prestigieuse « Geidai » de Tokyo où il a en charge la classe spécifique réservée aux élèves les plus talentueux.

Le pianiste Mihai Ungureanu a une intense activité dans la vie musicale de son pays, la Roumanie et à l’étranger, attirant les éloges du publique et de la presse. Il a joué dans de nombreuses salles d’Europe et d’Amérique. Son vaste répertoire, comprenant des oeuvres essentiels, de la musique du Baroque, jusqu’à la musique contemporaine, le situe parmi les plus prolifiques pianistes du moment. Il est directeur artistique de la Philharmonique de Craiova.

21h30, Cour de l’Hôtel de Ville, Orchestre de Chambre de Toulouse (Bartek Zurakowski, direction, Marta Magdalena Lelek, violon, Giampiero Sobrino, clarinette)

L’Orchestre de Chambre de Toulouse est fondé en 1953 par Louis Auriacombe. Il est constitué de 12 cordes solistes. Très vite, l’ensemble acquiert sa personnalité musicale et atteint très vite une notoriété nationale et internationale.

Bartosz Zurakowski est un des chefs d’orchestre les plus doués de sa génération. Il est diplômé de l’Académie Chopin de Varsovie et lauréat du Concours Lutoslawski. Depuis 2011, il est à la tête de l’Orchestre Philharmonique d’Opole.

Marta Magdalena Lelek est reconnue comme l’une des plus grandes violonistes polonaises. Marta se produit en tant que soliste avec les plus préstigieux orchestres symphoniques et de chambre. Elle joue un violon hongrois (Janos Spiegel – 1926).

Grâce à sa technique musicale d’une qualité exceptionnelle, Giampiero Sobrino se distingue dès son plus jeune âge dans de grandes compétitions internationales. À 20 ans, il est premier soliste dans l’Orchestre symphonique de la RAI à Turin.

En cas de météo capricieuse, repli en l’église Notre-Dame de La Platé

Frédéric Lodéon
Chaque concert de l’édition 2015 d’A Portée de rue sera présenté par Frédéric Lodéon. Les mélomanes le connaissent bien. Violoncelliste émérite, seul Français à ce jour à avoir gagné le concours international Rostropovitch, Frédéric Lodéon est Grand Prix du Disque de l’Académie Charles Cros et Grand Prix de l’Académie du Disque Français. Il se consacre depuis 1990 à la direction d’orchestre avec grand succès. Frédéric Lodéon est également producteur et animateur de l’émission « Carrefour de Lodéon », pour laquelle il a reçu les Lauriers du Club de l’Audiovisuel du Sénat et le Grand Prix du meilleur animateur radio de l’année « Anima 4 », décerné par la Communauté des Radios Publiques de Langue Française. Citons aussi, sur France Inter, les « Grands concerts de Radio France », le dimanche à 21h. Sur France Musique, il produit « Plaisirs d’amour ». Sur France 3, il coprésente les Victoires de la Musique Classique.