Albin Chalandon

De 1969 à 1972, j’avais été son collègue au Gouvernement. Je le retrouvais Garde des Sceaux de 1986 à 1988 dans des conditions souvent éprouvantes.

Les deux premières lois sur le terrorisme devaient porter sa marque et j’étais le rapporteur à l’Assemblée nationale de ces deux lois. Il faut dire que le premier des deux textes n’avait pas prévu d’autres cours d’assises que celles du droit commun. Les menaces ne tardèrent pas à pleuvoir sur les jurés désignés et il fallut compléter la loi en créant des cours d’assises composées de magistrats.

Le Garde des Sceaux fut aux prises pendant son mandat avec des attaques constantes de l’opposition concernant sa situation familiale personnelle. Elles étaient inadmissibles et il m’a été rarement donné d’en voir d’autres.

C’était un homme de grandes qualités humaines et porteur d’un ensemble de compétences des plus remarquables. Il était Grand-Croix de la Légion d’honneur. Il avait épousé la grande journaliste Catherine Nay.

Ceux qui ont été entre 1958 et 1974, les ministres des gouvernements du Général de Gaulle et de Georges Pompidou, ne sont plus que dix après le décès d’Albin Chalandon dont la plupart approche la centaine d’années.

J’ai l’honneur d’appartenir à ce corps d’extinction.

Jacques Limouzy

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