Avant d’être un contrôleur, le Parlement est un acteur sinon le Président est solitaire

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On ne me fera jamais comprendre qu’un président aussi doué qu’Emmanuel Macron a détruit un système d’alternance politique, peut-être dépassé, sans songer à ce qui pourrait suivre, laissant le Président dans une véritable solitude institutionnelle.

Lorsqu’une sorte de fronde s’empare des collectivités locales (Départements et communes), lorsque pour la première fois le patronat et les syndicats se rencontrent pour tenter de trouver devant le Président une parole commune, lorsque la France territoriale et sociale entre en observation, la solitude présidentielle devient évidente et son action reste exclusivement politique et parlementaire.

Une très large majorité soutient le Président à l’Assemblée nationale à la différence de la majorité du Sénat qui s’est mise en surveillance.

Mais à l’Assemblée, il ne suffit pas d’être ultra car être ultra devient un défaut si l’on n’est pas organisé.

Les membres du groupe parlementaire d’« En marche » n’ont aucune raison d’être plus mauvais que ceux qu’ils ont remplacés. Ils sont simplement nouveaux, n’ont pas d’antériorité politique et sont dirigés par des chefs qui n’ont pas d’autorité naturelle.

C’est pourquoi est-ce bien le moment de leur dire qu’ils sont trop nombreux, qu’ils fonctionnent mal et qu’il serait nécessaire d’assister chacun d’eux avec des créatures complémentaires qui ne songeront qu’à les remplacer ?

La Vème République fonctionne. Elle a un Président, élu au suffrage universel, elle a un exécutif qui n’existait pas sous les républiques antérieures mais sa définition est aussi d’être une République parlementaire.

L’intention aujourd’hui est de faire de l’Assemblée un organisme de contrôle de décisions qui seraient de moins en moins les siennes.

L’Assemblée nationale est un souverain ; on n’y fabrique pas des parlementaires, seul le peuple peut le faire sinon ce serait rompre avec lui.

Les conditions de l’élection sont de droit public mais la réalité du choix reste sociale et territoriale.

Jacques Limouzy