Benalla et la cour des miracles

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Une affaire subalterne qui monte au ciel des médias et en vient à brouiller les rapports des pouvoirs publics.

Un caporal de portes flingues et de portes valises de la sécurité immédiate qui devient Colonel de gendarmerie.

Un homme armé par on ne sait qui et désarmé on ne sait quand.

Un coffre-fort qui est plein lorsqu’il est fermé et vide lorsqu’il est ouvert.

Un de ces personnages du drame de boulevard ou de la comédie italienne souvent vêtu d’un manteau d’Arlequin, visible quelque part entre Arsène Lupin et Vidocq.

On ne l’oublie pas, il reparaît avec la régularité de Belphégor.

Est-il un peu Fantômas pour avoir effrayé à ce point la Commission d’enquête de l’Assemblée nationale qui a décidé de se dissoudre peur d’en savoir plus.

Livré à une Commission d’enquête du Sénat où le talent d’investigation se dissimule sous une extrême courtoisie, on vient de découvrir qu’il était menteur. Sinon par vice mais plutôt par nécessité.

Ses supérieurs hiérarchiques viennent de comprendre qu’en réalité, ils ne l’étaient pas mais qu’il les avait compromis.

On découvre qu’il avait une couverture diplomatique, qu’il offrait des services d’accompagnement et de sécurité pour des oligarques russes.

Vivant dans une bulle, Monsieur Collomb, Ministre de l’Intérieur, ne le connaissait pas ou le prit pour un autre.

Il a ses distractions, il va bosser à la manif au nom de l’Etat.

Comment ne pas voir que cette diversité cache quelque élément fédérateur ?

Car ce n’est pas la fée carabosse qui vide les coffres et fournit les documents.

Il devient certain que pour dénuer cet écheveau, il y a quelque chose qui manque, quelque chose qu’on ne connaît pas.

Jacques Limouzy