Bernard Tapie

En octobre 1993, j’avais présidé la commission de l’Assemblée nationale consacrée à la levée de l’immunité parlementaire de Bernard Tapie dont Dominique Bussereau était le rapporteur.

L’assemblée, sur notre proposition, avait prononcé cette levée d’immunité par 432 voix contre 72.

Je ne revis plus Bernard Tapie, mais je ne cessai comme tous de contempler son destin aventureux ou bien des fils d’ici, de là ou d’ailleurs se croisaient ou se nouaient, s’interrompaient, sans s’effacer. Il en compromit beaucoup, il en désespéra quelques-uns et il en fit rêver beaucoup d’autres.

Il fut essentiellement un séducteur. Il entreprit des actions parfois contradictoires mais toujours avec une vélocité surprenante. Le Président François Mitterrand lui-même, dont on connait la méfiance légendaire pour les nouvelles personnalités de gauche, tomba dans sa marmite.

Ainsi fut Bernard Tapie. Au nombre des derniers combats qu’il a pu mener, figure celui où il affronta une maladie qui est celle du siècle et qui n’a pas manqué de le frapper.

On ne peut se retenir d’une certaine admiration pour un destin si particulier et si contradictoire qui lui donna cette présence singulière propre à le classer au premier rang des personnages romanesques qui ont traversé l’histoire contemporaine de la France.

Jacques Limouzy