Pour Jean-Louis Chauzy, « Bosch à Rodez, l’histoire n’est pas finie »

Après les annonces faites aux organisations syndicales au siège de Bosch France par son Président Monsieur Heiko Carrie début novembre 2020, à savoir que le scénario de la fermeture du site de Rodez était sur la table des discussions, les organisations syndicales ont obtenu une réunion de clarification le 5 mars qui s’est avérée plus brutale que prévue avec l’annonce de 600 départs à l’ horizon 2026.

Informé dés le mois de juin de cette hypothèse, j’ai porté à la connaissance du cabinet de Bruno Le Maire et d’Agnès Pannier-Runacher ce scénario dévastateur, alors que nous étions chacun occupés à la mise en œuvre du plan de soutien à la filière aéronautique qui a perdu en 6 mois 4 200 emplois en Occitanie.

Nous devons au soutien du gouvernement, et à l’engagement de Bruno Le Maire le maintien du site de Rodez.

Cette situation redoutée mais pas totalement surprenante va nécessiter un dialogue social de haut niveau entre les organisations syndicales et la direction du groupe pour examiner le contenu du plan social, le calendrier, la pyramide des âges, et ce dans la durée et sur la base du principe : un salarié = une solution… même si Bosch n’est pas Airbus, et Rodez la métropole de Toulouse.

Il existe une grande diversité d’activité dans les PME – TPE, les entreprises artisanales et donc des emplois à pourvoir.

Le groupe Bosch a les moyens financiers pour signer un accord global avec les syndicats mais aussi l’État et la Région pour favoriser les passerelles.

Bosch doit aussi faire connaitre son projet industriel pour le site de Rodez, les produits innovants dont les prototypes ont été réalisés par l’équipe d’ingénieurs crée en 2018 pour la diversification du site : batterie à hydrogène pour les camions réfrigérés et pour les VTT haut de gamme doivent être usinés à Rodez.

Enfin Rodez peut bénéficier d’un contrat de revitalisation avec l’État et la Région pour faciliter la diversification et l’attractivité du site.

Plutôt que de rechercher des boucs émissaires, hier la Région, Bruno Le Maire, aujourd’hui Bosch, nous devons balayer devant notre porte et nous rappeler que, depuis plus de 15 ans, les ministres de l’Écologie successifs et les partisans d’une écologie punitive et sectaire rejettent et diabolisent la filière diesel ; alors que cette filière par l’innovation technologique, qui occupe 30 000 salariés en France dont 1250 à Rodez, est la solution pour les villes moyennes, les territoires ruraux, le diesel pour les camions tous les engins agricoles étant une nécessité.

Les maires des grandes villes portent aussi une grande responsabilité de Paris ( Merci Hidalgo) à Stuttgart (siège du groupe Bosch) ont pris des délibérations pour interdire les véhicules diesel.

Les États et l’Europe auraient dû écouter les constructeurs automobiles, dont le Président de Peugeot Carlos Tavares qui rappelait qu’il appartient à la puissance publique de fixer les normes et les réductions de CO2 et de particules à atteindre, mais de laisser aux constructeurs les choix technologiques pour y parvenir.

C’ est aussi la position des concessionnaires automobiles qui connaissent bien les aspirations des clients.

La conversion au tout électrique n’est pas pour demain en raison des coûts (28 000 € pour le prix le plus bas) et l’absence d’un véritable réseau de bornes pour les recharger.

Mais nous devons aussi savoir qu’en 2025 Renault ne fabriquera que des véhicules électriques, l’usine Peugeot de Trémery en Lorraine inaugurée par le Ministre de l’Economie Emmanuel Macron en 2016 qui fabriquait tous les moteurs diesel pour les voitures Peugeot en Europe fabriquera fin 2021 des moteurs électriques 100 % made in France pour occuper ces 3200 salariés.

L’ effondrement de la filière diesel près de 40 % en Europe, n’ est pas inventé par Bosch, pas plus que la baisse du carnet de commandes d’Airbus n’est inventée par le premier avionneur mondial.

Il nous appartient de défendre l’industrie automobile et la diversification en faveur du site de Rodez.

Cela nécessite aussi de savoir travailler ensemble… ce qui n’ est pas acquis sans réécrire l’histoire ou en raconter d’autres sur des « giga » projets qui ne verront jamais le jour.

Nous avons besoin de l’État et de la Région pour concrétiser à la fois des projets initiés par les ingénieurs de Bosch Rodez mais aussi portés par des industriels connus en région qui connaissent le potentiel de compétences de cette usine, en développant des filières innovantes dont l’hydrogène.
Le CESER poursuivra son appui aux salariés, aux organisations syndicales et aux chefs d’entreprises de la région pour réussir l’industrialisation et la diversification dans la Mecanic Vallée.

Ce sont les entreprises qui créent les richesses. Il n’y a pas de pays sans activités de production…

Jean-Louis CHAUZY, Président du CESER Occitanie / Pyrénées-Méditerranée

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