Pascal Bugis « Nul besoin d’être forcément encarté, ni de représenter des écuries présidentielles pour constituer une équipe capable de travailler pour Castres »

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Le maire de Castres Pascal Bugis a définitivement dit non à une liste commune avec le député Jean Terlier « La République En Marche ». Dans un courrier adressé au député de Castres et transmis à la presse mardi, il s’oppose à l’idée de constituer une liste commune Bugis-Terlier pour les prochaines municipales. 

« Monsieur le Député,

Voici quelques semaines vous avez pris l’initiative d’indiquer dans la presse qu’une liste commune Bugis-Terlier pourrait être bâtie en vue des prochaines municipales à Castres, me contraignant immédiatement à dire publiquement qu’à supposer que je sollicite une nouvelle fois la confiance des Castraises et des Castrais, une telle alliance n’aurait pas lieu.

Il semble que vous ne m’ayez ni lu, ni entendu.

En effet lors d’une récente entrevue, vous m’avez dit vouloir intégrer avec 15 autres personnes, dont votre suppléante (16 personnes, pas une de moins !), une liste que je dirigerais.

Je suis flatté que vous considériez positivement le travail accompli pour Castres par les équipes que j’ai eu l’honneur de conduire jusqu’à ce jour. Je comprends que vos amis et vous-même manifestiez un certain enthousiasme à me rejoindre, sans d’ailleurs avoir jamais discuté du projet pour Castres.

Cependant, votre démarche qui consisterait à loger 16 personnes de la République En Marche dans une équipe municipale que vous me laisseriez conduire restera un rêve.

Pourquoi me direz-vous ?

Imaginer qu’un groupe politique de 16 personnes puisse intégrer une majorité municipale composée de 32 à 35 membres reviendrait à en revendiquer les rênes sans fournir d’effort particulier.

Je sais bien, qu’obsédée par une implantation locale qui lui fait défaut, la direction nationale d’En Marche vous délivre des instructions précises et vous pousse à user de la stratégie du coucou, cet oiseau célèbre pour sa tendance à squatter le nid des autres.

Or si ce mouvement politique est si sûr de lui et tellement certain de représenter le Nouveau Monde, il n’a nul besoin de s’appuyer sur ce qui existe déjà.

Mais surtout, en adoptant ce parti pris, le mouvement que vous soutenez à l’Assemblée nationale apparaît désespérément rétrograde.

Il reproduit ni plus ni moins que les vieilles recettes des partis politiques « traditionnels » qui à chaque élection locale cherchent à s’assurer d’une présence la plus massive possible dans chaque liste.

Or si ce mouvement politique est si sûr de lui et tellement certain de représenter le Nouveau Monde, il n’a nul besoin de s’appuyer sur ce qui existe déjà.

Mais surtout, en adoptant ce parti pris, le mouvement que vous soutenez à l’Assemblée nationale apparaît désespérément rétrograde.

Il reproduit ni plus ni moins que les vieilles recettes des partis politiques « traditionnels » qui à chaque élection locale cherchent à s’assurer d’une présence la plus massive possible dans chaque liste.

C’est une démarche que j’ai toujours refusé de considérer et d’appliquer, estimant que le projet municipal, la gestion d’une ville, ne devaient pas obéir à des appétits et manœuvres politiciens, mais au contraire se bâtir avec des personnes concernées au premier chef par la vie de leur cité et désireuses de déployer pour elle de la passion, de l’énergie et de la compétence.

Nul besoin d’être forcément encarté, ni de représenter des écuries présidentielles pour constituer une équipe capable de travailler pour Castres.

Voilà ma conception des choses ; elle n’interdirait pas à des bonnes volontés dénuées d’esprit partisan, d’où qu’elles viennent, de me rejoindre.

Je vous prie d’agréer, Monsieur le Député, l’expression de toute ma considération. »