Castres – Le destin électoral de Guillaume Arcèse

Une campagne qui n’a pas manqué d’humour pour tenter de convaincre. En vain.

Le résultat des élections municipales à Castres est sans appel : Pascal Bugis l’a emporté dès le premier tour avec 57% des voix. Ce succès est la contrepartie d’un échec, celui de Guillaume Arcèse. Le médecin entre au conseil municipal avec trois de ses colistiers. Son destin est-il d’être le premier opposant au maire de Castres ? Commentaires de Richard Amalvy.

Rappelons les faits : quelques mois après son installation comme médecin gériatre à l’hôpital de Castres-Mazamet, Guillaume Arcèse, 33 ans, déclarait sa candidature comme tête de liste aux élections municipales. Découvrant peu à peu son profil public, nous apprenions qu’avant d’arriver à Castres au printemps 2019, il avait été animateur LREM à Saint-Étienne (42), et collaborateur du député En Marche Jean-Michel Mis.

Outre le jeu de la compétition dans lequel le maire sortant partait comme favori, l’échec de Guillaume Arcèse s’explique par quelques erreurs fatales.

Pourquoi ce jeune praticien au profil brillant, par ailleurs expert judiciaire (il détient des diplômes en droit de la Santé) a-t-il tenté coûte que coûte de cacher son affiliation politique alors même qu’il réclamait la transparence à son challenger ? Le corps électoral, ayant compris qu’en cas d’élection LREM revendiquerait son appartenance, a déjoué sa tentative de dissimulation. Les électeurs, de plus en plus méfiants quant à la probité des responsables politiques ont préféré la constance rassurante de Pascal Bugis.

Alors que son projet avait un véritable intérêt, sa campagne s’est nourrie de polémiques, alimentée sur les réseaux sociaux de manière indélicate par certains de ses soutiens, inexpérimentés en matière électorale. Son intégration dans le corps social local, malgré la présence de personnalités appréciées sur sa liste, s’en est trouvé affaiblie.

Enfin, il a réveillé des électeurs de droite la veille du premier tour. Après l’avoir taquiné sur les réseaux sociaux, il a publié son ancienne carte d’adhérent à l’UMP, regrettant « une époque où il y avait ce que l’on appelait le gaullisme social avec des personnes comme Alain Juppé ou Jacques Thouroude ». Ce coming out politique a stupéfait ceux qui découvraient que ses références pouvaient, en principe, les mettre en amitié avec lui. La nouvelle a circulé, mais, légitimistes, ils ont voté et fait voter pour le maire divers droite, soutenu par LR.

Commentant les résultats, Guillaume Arcèse a déclaré à nos confrères du Journal d’Ici : « Nous serons la première force d’opposition ». Ancien UMP devenu LREM à Saint-Étienne, le nouveau conseiller municipal (sans étiquette donc) poursuit sa première année à Castres comme opposant au maire réélu.

Le reproche que je lui fais, ce n’est ni d’être jeune, ni d’être né ailleurs qu’à Castres, c’est d’avoir gouroutisé des amis parmi ses colistiers.

Christophe Cousse, qui va siéger avec lui dans cette « force d’opposition », a une capacité créative et une énergie reconnues par tous ceux qui le côtoient. Son envie d’être utile pour Castres va-t-elle se satisfaire des joutes nécessaires à la vie d’un opposant, que Guillaume Arcèse sera obligé d’entretenir pour exister politiquement ? Je pense à Caroline Viala et à Charlotte Bodilis qui sont aussi des personnes reconnues. Vont-elles aimer rejoindre le banc de l’opposition pour conforter la situation du premier opposant autoproclamé ?

Il ne reste à ce jeune homme qu’à penser au coup d’après. Puisqu’il n’est plus en marche, le destin ne devrait pas l’appeler ailleurs qu’à Castres pour une autre aventure électorale.

Richard Amalvy