Castres : Les vœux du maire très suivis et très appuyés

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(c) Ville de Castres

Le maire de Castres Pascal Bugis a présenté ce mardi ses vœux à la population en présence des conseillers municipaux et des élus du secteur. La cérémonie de la présentation des voeux est l’occasion de faire le point sur les chantiers de l’année 2019, tout en appréciant les événements de 2017 dans le rétro.

Mais dans son allocution, Pascal Bugis est entré tout de suite dans le vif des sujets qui fâchent en pointant notamment du doigt la «décentralisation sans précédent» où «Paris décide peu importent les dommages collatéraux de cette vision technocratique de notre pays». « Ce Gouvernement est le champion des cadeaux faits avec l’argent des autres, celui de certains contribuables comme celui des collectivités » a-t-il lancé.

Voici l’allocution du maire de Castres :

« Mesdames, Messieurs,

Comme vous avez pu le voir dans le film, l’année 2018 s’est achevée à Castres sur une découverte de notre patrimoine par les spectaculaires effets de mise en lumière qui ont accompagné le Marché de Noël.

Un marché de Noël qui participe désormais à la réputation et à l’attractivité de notre Ville dans une grande partie de l’Occitanie.

La fin de l’année a également été marquée, ici comme sur l’ensemble du territoire, par un mouvement inédit de protestation.

Impossible de ne pas évoquer ce phénomène ce soir tant il s’impose au quotidien.

Il traduit à la fois les difficultés auxquelles un certain nombre de nos concitoyens sont confrontés, une inquiétude qui taraude tant de Français quant à leur avenir comme à celui de leurs enfants, et une exaspération face à des évolutions incompréhensibles d’autant plus douloureusement ressenties qu’inexpliquées.

Non décidément les Français ne comprennent pas comment leur pays évolue et dans quel tourbillon les entraîne ce jeune président qu’ils ont élu, pour beaucoup, par défaut.

Après avoir voué aux gémonies un monde décrété ancien, il n’a pas fait naître le nouveau monde qu’il promettait, paré de toutes les merveilles.

Au lieu de cela, même l’intendance ne suit plus.

Elle suit d’autant moins que le pays est confronté à une recentralisation sans précédent depuis la 2ème guerre mondiale.

Paris décide.

« Soyons clair, quand j’évoque ce mouvement, je distingue les gens de bonne foi qui ont trouvé, en enfilant un gilet fluorescent, un moyen de dire à un État sourd leur souffrance du quotidien ; je les distingue des casseurs, des pilleurs et autres zadistes, adeptes du chaos et d’une violence, que rien ne saurait excuser. La vraie priorité aujourd’hui est-elle de réduire la contestation en étouffant un mouvement par la force ? Ou de rétablir partout la sécurité, notamment dans les quartiers ? »

Ou plus exactement Bercy décide et peu importent les dommages collatéraux que génère cette vision technocratique de notre pays.

Me vient immédiatement à l’esprit la fin brutale des contrats aidés, qui a plongé dans la difficulté tant d’associations qui avaient été encouragées à y recourir … par l’État lui-même.

Comme jadis avaient été promues les voitures diesel, accusées aujourd’hui de tous les maux de la planète.

Les taxes se multiplient sous les prétextes les plus divers qui ne sont que du camouflage.

La population française, un temps dans l’expectative, le voit clairement désormais. L’État reprend bien plus d’une main que ce qu’il a fait semblant de donner de l’autre : la taxe d’habitation en est l’éclairante illustration.

Ce Gouvernement est le champion des cadeaux faits avec l’argent des autres, celui de certains contribuables comme celui des collectivités.

Des collectivités, quelle que soit leur taille, qui sont ignorées, maltraitées comme si l’initiative locale ne devait plus avoir place nulle part.

Dans le mouvement de contestation de cette fin d’année, il y a, au-delà des tentatives de récupération politiciennes, le ras le bol d’une France qui ne comprend pas.

Qui ne comprend pas pourquoi cet État, qui veut tout régenter, ne s’occupe pas D’ABORD des quartiers où les services publics et les commerces ferment, où les pompiers se font caillasser quand ils tentent d’éteindre des incendies allumés volontairement ; un État où les forces de l’ordre s’épuisent en guérillas urbaines quand le risque terroriste est loin d’être écarté.

Les postures de fermeté ne trompent personne dans une situation de laxisme généralisé, où beaucoup de citoyens appellent au secours sans jamais être entendus et ont le légitime sentiment qu’il y a, en France, deux poids, deux mesures :

  • une fermeté de circonstance face aux contestations populaires ;
  • une absence totale de fermeté au quotidien à l’égard des voyous des quartiers.

Soyons clair, quand j’évoque ce mouvement, je distingue les gens de bonne foi qui ont trouvé, en enfilant un gilet fluorescent, un moyen de dire à un État sourd leur souffrance du quotidien ;

je les distingue des casseurs, des pilleurs et autres zadistes, adeptes du chaos et d’une violence, que rien ne saurait excuser.

La vraie priorité aujourd’hui est-elle de réduire la contestation en étouffant un mouvement par la force ?

Ou de rétablir partout la sécurité, notamment dans les quartiers ?

Dans cet État qui, depuis des années, a tendance à exercer son autorité sur les braves gens et à laisser les emmerdeurs tranquilles, la seule économie qui prospère est l’économie souterraine, celle de la drogue et des trafics

Le Président de la République et le Gouvernement sont-ils si étrangers à la réalité sociale du pays que la solution envisagée

pour sortir de cette crise se limite à faire installer des cahiers dans les mairies ?

Cet État veut tout régenter, même ce que les Français ont à dire, ce que CHACUN de vous a, sûrement, à dire.

Le Président de la République a annoncé un « Grand débat », sous l’égide de la Commission nationale du Débat Public. Une commission que nous avons connue ici lors du débat sur l’autoroute, et qui dépense largement l’argent public,

C’est-à-dire nos impôts. Alors oui, vous pourrez vous exprimer mais cela aura un coût important et vous serez cantonné aux thèmes choisis par l’Élysée.

D’autres sujets, comme la sécurité ou l’immigration, qui vous intéressent tout autant – et même peut être plus – que la transition énergétique, ces sujets seront passés sous silence, exclus du débat.

Je ne suis pas d’accord avec cette méthode. Si l’on veut vraiment entendre ce que les gens ont à dire, il faut les laisser évoquer les sujets qui les préoccupent, EUX.

Je vais donc proposer des rencontres en ce début de 1er trimestre, pour que la population puisse s’exprimer.

Je le ferai en dehors du cadre prévu par le pouvoir.

Comme toujours, la parole sera libre.

Les dates seront annoncées au fur et à mesure dans la presse et sur les réseaux sociaux.

J’espère vous y retrouver nombreux. Car il y a entre nous ce fil de dialogue jamais rompu. Comme nous l’avons fait sur les questions municipales au travers des réunions de quartier ou des rencontres thématiques, nous échangerons sans tabou sur les questions nationales.

Ceux d’entre vous qui me connaissent un peu doivent être surpris de m’entendre évoquer ces sujets nationaux, alors que je me consacre en principe seulement à notre ville et à l’agglomération.

C’est inhabituel, je le concède volontiers.

Mais je suis convaincu que si les problèmes continuent à être traités de la manière dont ils le sont actuellement, c’est la cohésion nationale qui sera remise en cause, ici comme partout en France. Avec le risque que cela finisse, ici comme partout en France, en affrontements. À ce moment de rencontre privilégié avec vous, j’ai jugé utile de vous dire le fond de ma pensée à ce sujet.

Pour en revenir au plan local, l’actualité municipale en cette année 2019 sera marquée, aux alentours de l’été, par l’achèvement de la place Soult, que les Castrais ont choisie comme réalisation majeure du mandat.

Elle constituera un véritable trait d’union entre l’Ecusson et le quartier du Mail.

Longtemps cantonnée comme d’autres à des fonctions de parking, on ne voyait plus la place.

Nous allons la redécouvrir elle-aussi et en faire un véritable lieu de vie, de rencontres, un espace partagé au milieu du quartier.

Un quartier qui va connaître une nouvelle évolution en 2019. Le réaménagement du magnifique jardin romantique du Mail se poursuivra bien sûr.

Mais le fait marquant, ce sera la construction du cinéma multiplexe et les aménagements de voirie qui désenclaveront la salle Gérard Philipe et la maison des associations.

Je suis vraiment heureux que l’action de la municipalité ait permis au nouvel établissement de demeurer au cœur de la ville. A l’heure où l’on entend beaucoup parler de revitalisation urbaine, c’est un signe fort.

Autre projet d’envergure, la prolongation de l’avenue François Mitterrand afin d’assurer la desserte du nouveau collège que le Conseil Départemental va construire sur les hauteurs de Lameilhé pour accueillir les élèves à la rentrée 2021.

Je veux saluer le volontarisme de son Président, qui a concrétisé une idée lancée il y a bien longtemps.

Parmi les travaux dont l’importance a nécessité un étalement sur plusieurs années, figurent d’une part le théâtre, dont les escaliers intérieurs vont retrouver une nouvelle jeunesse.

D’autre part, alors que la réfection du plafond de l’église de la Platé est en voie d’achèvement, une nouvelle tranche de travaux va permettre la rénovation complète du chœur de ce si beau bâtiment.

Alors que le toit de l’Hôtel de Ville et du Musée Goya va connaître une nouvelle jeunesse, nous poursuivrons également notre programme de voirie, car l’entretien de notre patrimoine commun demeure une priorité.

Dans les temps actuels, investir n’est pas chose facile.

Avec l’équipe municipale, nous avons choisi de le faire malgré tout, et cela n’est pas sans influence sur l’économie locale.

Nous assumons le recours à l’emprunt pour ces équipements structurants. Nous revendiquons la stabilité des taux de fiscalité depuis 2000, et même une légère baisse des taux depuis 2 ans.

Je suis conscient que c’est difficile à voir quand on reçoit sa feuille d’impôts : nous sommes tous pareils : on va directement vers le total à payer…

Un total qui a tendance à inexorablement augmenter, parfois du fait de l’évolution des taux pratiqués par d’autres collectivités. Je ne leur jette pas la pierre : chacun est confronté à ses propres problèmes.

Pour ma part, je fais tout ce qui est en mon pouvoir pour ne pas alourdir la charge des prélèvements en tout genre, car je la sais déjà très pesante.

Et je respecte, là aussi, les engagements pris devant vous.

Le budget 2019 n’est pas encore totalement bouclé mais je peux vous annoncer ce soir que les taux communaux, une nouvelle fois, n’augmenteront pas, voire continueront à diminuer.

À l’aube de cette année, que je souhaite profitable à notre Ville, je vous présente, au nom du conseil municipal, nos meilleurs vœux de santé : la santé qui est, plus que jamais, un bien très précieux. Je souhaite à chacune et chacun d’entre vous une année joyeuse et sereine. »

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