Cent ans de colo avec
“Les Bonnes Vacances”

Cela fait déjà un siècle que l’association “Les bonnes vacances” prend en charge les enfants de Castres et de bien plus loin, pour les congés d’été. Pour les équipes de direction et d’animation et pour tous les anciens, “la Colo” est un endroit magique dont le charme se concentre autour d’un vieux bâtiment qui pourrait ressembler à une école communale posée au milieu de larges prés, entre la voie ferrée Bordeaux-Arcachon et le bord du Bassin, près du port de la Hume sur la commune de la Teste.

Devant ce bâtiment s’étend une ombre propice aux activités éducatives et à la sieste. À côté se trouve un hangar qui par miracle se transforme parfois en salle de spectacle. Quelques pins plantés ça et là indiquent que nous sommes dans les Landes. Modeste, voire austère, ce lieu devient joyeux pendant les deux mois d’été. Il résonne alors de cris d’enfants qui s’égayent dans son vaste espace, et il s’ouvre chaque jour à de nouvelles aventures dès que l’on franchit sa barrière : la marée qui descend et qui monte, la dune du Pyla, les pinasses qui mènent au Cap Ferret, l’île aux oiseaux, la plage du petit Nice, les chemins forestiers et l’Aqualand… Le 23 mars, la grande famille de la Colo se réunit pour lancer le centenaire qui sera célébré en septembre au 121 rue André-Lesca, l’adresse que tous connaissent. Mais ce jour-là, les amis découvriront aussi un roman, écrit par Pierre Galibert, intitulé “Un livre sur la commode”. Ce titre sibyllin trouve sa raison d’être dans une relation père-fils inattendue, dont le trait d’union est l’âme même de l’institution centenaire. En effet, Claude Galibert et sa future épouse Colette Barthès, avant leur fils, ont suivi les pas de l’abbé Gau pour compter parmi les pionniers de la Colo de la Teste. C’est en nous racontant l’histoire de ses fondateurs que Pierre Galibert nous entraîne dans celle de cette œuvre sociale. Les initiés y prendront du plaisir et seront souvent émus à l’évocation des portraits pittoresque des abbés Jean Gau et Maurice Escande. L’esprit amical et familial de l’institution souffle dans les pages du roman et cela fait du bien. Nous y retrouvons des anecdotes sur des amis croisés au petit séminaire de Barral (l’abbé Matthieu, l’abbé Sahuquet, l’inénarrable Luis Goma) et chez les Scouts de France (Suzy et Pierrot Battut). Les jeunes lecteurs feront connaissance avec Louise et Armand Donnadille, qui régnaient sur la cuisine, et qui seraient fiers de voir leurs arrières petits-enfants participer activement à la vie de l’association à la suite de l’oncle Jacques et de Jean-Luc, l’actuel président. S’ils n’avaient pas été catholiques, ces femmes et ces hommes auraient pu être kibboutzins, car il fallait avoir un sacré enthousiasme pour transformer une vieille écurie en un lieu de vacances heureux.

L’histoire nous rappelle que c’est du côté de Labessonnié que les pionniers de la colo avaient installé leur base, de 1913 jusqu’en 1955. Mais désireux de trouver un lieu proche de la mer, l’abbé Gau avait fait une excursion vers l’étang de Berre en 1947, avant de trouver le lieu magique de la Teste en 1951. La propriété fut achetée avec le soutien de Marcel Pélissier, industriel textile dont le nom reste gravé pour la mémoire sur une plaque près du préau.

Ayant moi-même eu le bonheur de diriger deux séjours à la Colo, je dois avouer que comme mes amis, je tente chaque été d’y faire une étape, plus ou moins longue, au moins deux jours, à présent au camping dirigé allègrement mais fermement par Henri Combes. Je comprends Pierre Galibert quand il dit “l’essentiel est à la colo, c’est mon crédo”. L’essentiel c’est simple, puisque c’est ce qui compte vraiment quand on a supprimé tout le superflu. Ainsi, certains lieux n’ont pas besoin de démesure pour que l’on s’y attache, il suffit d’y avoir vécu des sentiments essentiels et que l’on y trouve ce qu’il y a de plus important quand on y revient : l’amitié, le sens des autres, se savoir utile, la nature.

Homme de communication, Pierre Galibert a choisi le média le plus difficile pour partager l’attachement qu’il a pour la Colo et la cause éducative et sociale qu’elle représente. Au lieu de parler, ce qui est la base de son métier, il a décidé d’écrire (voir ci-dessous), ce qui pourrait ouvrir un nouvel épisode de sa carrière. Il restitue un pan essentiel de l’éducation populaire des milieux catholiques de Castres depuis cent ans. Il rend hommage au travail bénévole de dirigeants charismatiques et tenaces, et à l’engagement de tous ceux qui font vivre l’œuvre depuis ses débuts. Enfin, il ne lui reste plus qu’à lire le livre de son père posé sur la commode, maintenant qu’il a écrit le sien.

La boucle est bouclée. Bon anniversaire à tous.

Richard Amalvy

 

Une expo-photo “Les Bonnes Vacances d’hier et d’aujourd’hui”

Avec le Bureau qu’il préside, Jean-Luc Donnadille, a voulu une exposition-photos contemporaine affichant l’action menée dans les années 2000 pour mettre en avant la modernité de l’association. “ Certes, il y aura quelques vieilles photos en noir et blanc des années 40, 50 et 60… mais nous avons aussi souhaité un regard sur les colos d’aujourd’hui en retraçant nos cinq dernières années d’activité : nous allons exposer cinquante unes de notre newsletter mensuelle”. L’exposition “ Les Bonnes Vacances d’hier et d’aujourd’hui ” est visible dans le hall de la Maison des Association du 25 mars au 13 avril. Entrée gratuite. Une expo photo sera présentée du 25 mars au 13 avril dans le hall de la maison des associations de Castres.