C’était écrit

Au sein des divers débats du Parlement sur les questions de bioéthique, la difficile question de l’euthanasie refait épisodiquement surface et vient de le faire en ce début avril. La fin de vie est un débat houleux en France. La loi Léonetti du 21 avril 2005 avait permis une avancée sur cette délicate question. Au cœur d’une crise sanitaire qui ne cesse de réactualiser le sujet, une nouvelle proposition de loi, portée par le député Olivier Falorni, souhaite donner « le droit à une fin de vie libre et choisie ».

Jacques Attali, que certains semblent situer au nombre de nos grandes intelligences, qui avait séduit François Mitterrand dont il était conseiller en 1981 et aurait aussi de nos jours l’oreille d’Emmanuel Macron, avait déjà émis une suggestion radicale sur cette question « L’avenir de la vie » 1981, coll. Les visages de l’avenir, éditions Seghers). C’était écrit !

« A l’avenir, il s’agira de trouver un moyen de réduire la population. Nous commencerons par les vieux, car dès qu’il dépasse 60-65 ans, l’homme vit plus longtemps qu’il ne produit et il coûte cher à la société. Ensuite les faibles puis les inutiles qui n’apportent rien à la société car il y en aura de plus en plus, et surtout enfin les plus stupides. Une euthanasie ciblant ces groupes ; l’euthanasie devra être un instrument essentiel de nos sociétés futures, dans tous les cas de figure. On ne pourra bien sûr pas exécuter les gens ou faire des camps. Nous nous en débarrasserons en leur faisant croire que c’est pour  leur bien.

« La population trop nombreuse, et pour la plupart inutile, c’est quelque chose d’économiquement trop coûteux. Sociétalement, il est également bien préférable que la machine humaine s’arrête brutalement plutôt qu’elle se détériore progressivement. On ne pourra pas non plus faire passer des tests d’intelligence à des millions et des millions de gens, vous pensez bien !

« Nous trouverons quelque chose ou le provoquerons, une pandémie qui cible certaines personnes, une crise économique réelle ou pas, un virus qui touchera les vieux ou les gros, peu importe, les faibles y succomberont, les peureux et les stupides y croiront et demanderont à être traités. Nous aurons pris soin d’avoir prévu le traitement, un traitement qui sera la solution. La sélection des idiots se fera ainsi tout seule : ils iront d’eux-mêmes à l’abattoir ».

Et si, au lieu d’invoquer Attali, nous préférions écouter Hippocrate ? De nos jours, en pleine pandémie, à l’hôpital, le mot horrible de «TRI » a été prononcé avec légèreté, publiquement, à la télévision, devant un auditoire naïf, par des médecins endurcis mais légers, ignorant les ravages que ce mot pouvait provoquer dans une population déjà fragilisée. « Science sans conscience n’est que ruine de l’âme ». Nous frisons l’eugénisme, nous entrons donc en barbarie.

Quant à Jacques Attali, voilà quelque cinquante ans que ses projets d’avenir nous conduisent de catastrophe en catastrophe, qu’importe, il est toujours dans les couloirs du pouvoir pour distiller ses bons conseils. Il fait partie des « baby boomers » qui ont fait la révolution de 68 pour « en finir avec une nation de vieux » ! Ayant atteint l’âge critique, il fait donc désormais partie de ceux qu’il visait, et ne semble pas décidé de s’appliquer à lui-même ses fumeuses théories !

Pierre Nespoulous