Cette année, Ramadan tombe en février

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La présomption d’innocence est l’un de ces beaux principes comme le secret de l’instruction et la séparation des pouvoirs qu’on viole en France autant qu’on les chérit.

Après tout, la devise de la République ne laisse-t-elle pas parfois songeur ? Les plus ardents défenseurs de l’abolition de la peine de mort se sont souvent présentés comme les héritiers d’une Révolution qui, avec la Terreur et le populicide de Vendée, avait enfanté le totalitarisme. Une piètre historienne mélenchonesque[1] défend Robespierre en rappelant que « toute avancée a ses revers ». C’est le même raisonnement qu’ont tenu les communistes pour défendre les régimes soviétique, chinois, cubain, cambodgien et passer par pertes et profits leurs 100 millions de victimes.

L’exemple de ces viols impunis vient d’en haut : le Parquet national financier qui envoie ses policiers – sans opposition du président de l’Assemblée nationale –dans les bureaux parlementaires de François Fillon ; une ministre, Marlène Schiappa, qui s’autorise à exprimer un avis courroucé sur la ligne de défense (jugée « scandaleuse ») de l’avocat de Daval…

C’est pourquoi, le cas de Tarik Ramadan – qui ne risque pas de se radicaliser en prison, c’est déjà fait -, doit être abordé à pas de velours…

Cet islamiste suisse – qui exprimait, il y a quelques temps, son désir d’être naturalisé français ( !) -, avait été invité en 2010 par la municipalité socialiste de Graulhet : dans le Tarn, pays, notamment, d’Emile Combes et de Jean Jaurès ! L’électorat maghrébin valait bien cette messe coranique où se pressèrent des centaines de barbus et de femmes voilées, bien sûr séparés les uns des autres. Je fus le seul dans le Tarn à dénoncer cette opération.

Je ne sais si Ramadan est ce violeur que décrivent ses victimes présumées, même si l’une d’elle s’est souvenue d’une cicatrice que l’on ne peut discerner sur le corps d’un homme engagé dans une « discussion théologique »…

Mais Ramadan était jusqu’à présent une autorité morale dans le monde musulman. « Professeur » (sans les titres universitaires habituels) à Oxford au titre d’une chaire financée par le Qatar, le petit-fils du fondateur égyptien des Frères Musulmans – une organisation terroriste -, a toujours trouvé chez les « islamo-gauchistes » – comme Edwy Plenel ou Clémentine Autain, mais aussi dans la gauche libérale et « progressiste », de précieuses complicités. Artiste du double langage, servant aux européens son brouet sur les discriminations et aux musulmans sa tendresse pour le fondamentalisme, Ramadan, modèle du pervers narcissique était un prédicateur de vertu… Par une ironie de l’histoire, il fut incarcéré le jour du World-Hijad-day, créé en solidarité avec les femmes musulmanes.

Ceux qui soutiennent les Femen – version abjecte du féminisme – n’ont jamais exprimé de remontrances à l’égard de celui qui défendait dans un débat l’opposant à Nicolas Sarkozy l’idée d’un « moratoire sur la lapidation des femmes adultères ». Malgré l’accumulation des preuves de son radicalisme, l’éclairage de ses réseaux et de sa dialectique, nos prêcheurs de morale se sont tus. Pis. Ils n’ont cessé de le promouvoir et de relayer ses arguments.

Ce sont encore les mêmes qui se taisent quand l’antisémitisme envahit les cités, les mêmes qui, comme Plenel, font de l’« islamophobie » le rempart politique et judiciaire pour écarter l’islam, – à la différence de toutes les opinions politiques et religieuses – de tout discours critique et qui désignent les futures victimes des islamistes en affirmant que Charlie fait « la guerre aux musulmans ». L’expression de trop, qui traduit tout.

Trop tard, Ramadan, cette année, est tombé en février.

Bernard Carayon
Maire de Lavaur
Conseiller régional (LR) d’Occitanie

 

[1] Annie Jourdan, Nouvelle histoire de la Révolution française, Flammarion, 2018.