Christianophobie

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Jérôme Fourquet, directeur du département « Opinion » de l’IFOP, vient de publier un excellent ouvrage : « L’archipel français. Naissance d’une nation multiple et divisée », et il en évoque le socle commun chrétien. L’on croise les racines de notre pays au détour des routes, par les églises et les calvaires, voire les cimetières. Pourtant la vague anti-chrétienne qui sévit aujourd’hui prend une ampleur particulièrement inquiétante.

Selon un bilan du Ministère de l’Intérieur (et des cultes), en 2018, ce sont 1063 actes anti-chrétiens qui ont été recensés, ce qui fait du christianisme le mouvement spirituel le plus touché par ce phénomène, et de loin ! Les églises ne sont pas uniquement la cible des petits voleurs de tronc, les actes antichrétiens ne cessent de croître. Pas une semaine ne se passe sans qu’une église de France soit vandalisée. Saccages, vols, profanations, les lieux de culte catholique sont pris quotidiennement pour cible sur tout le territoire. « Dans notre République laïque, on respecte les lieux de culte » a déclaré benoîtement Edouard Philippe… On a pourtant si peu entendu les médias, le porte-parole des évêques de France ou le pouvoir politique (même ceux qui sortent pourtant d’écoles catholiques  – suivez mon regard -). Et aucune association chrétienne n’appelle à une manifestation d’ampleur … Allez vandaliser une mosquée et vous verrez les réactions en chaîne !

Ces actes de profanation délibérée sont relatés régulièrement dans les pages des journaux locaux mais n’ont guère d’écho au plan national, lequel est accaparé par les gilets jaunes et le grand débat… Devant la gravité des faits et le mutisme général, en dehors de la vive réaction de Bernard Carayon, le maire de Lavaur, le laconique « Dieu pardonne. Pas moi ! », Brigitte Nicouleau, sénateur de Haute-Garonne, a déposé une question écrite, disant notamment : « Dans le strict respect de la loi du 9 décembre 1905 et du principe de liberté religieuse, toute atteinte à un symbole religieux devrait être punie et ses auteurs recherchés. Or, il semble que lorsqu’il s’agit de symboles chrétiens, d’édifices ou d’objets du culte catholique, la poursuite des auteurs des exactions fasse l’objet d’une forme de laxisme, incitant de fait à de nouveaux actes malveillants ».

Ces faits divers, que certains qualifieront volontiers d’insignifiants, voire d’anecdotiques, en disent long sur l’ampleur et la gravité des dérives qui se produisent quotidiennement. Ce ne sont parfois que des « jeux » d’ados mal cadrés, dont l’éducation en faillite a généré une méconnaissance des valeurs. Mais pas seulement. Car pour d’autres il s’agit d’un combat purement dogmatique pour dénigrer avec force notre culture et nos racines chrétiennes…

Ce 27 mars, deux députés, Christophe Lejeune (La République en marche) et Bastien Lachaud (La France insoumise) sont les auteurs d’un rapport d’information concernant « la discrimination au sein des forces armées ». Il est vrai que les parachutistes fêtent la Saint Michel, les sapeurs et artilleurs la Sainte Barbe, les mécaniciens la Saint Eloi, les cavaliers la Saint Georges et les fantassins la Saint Maurice. Nos députés s’élèvent aussi contre la journée de cohésion, organisée au Mont Saint Michel par les Saint-Cyriens et qui donne lieu à un baptême du sabre et du casoar. D’autres pratiques, comme la bénédiction de régiments entiers, de bateaux ou d’aéronefs doivent, selon eux, être proscrits. Mais supprimez la Saint Michel et vous aurez la révolution chez les parachutistes des trois armées. L’inculture des jeunes générations devient un gouffre sans fond !

Retournerons-nous, sous le fallacieux prétexte de laïcité, à l’exaltation délirante des révolutionnaires de la Convention Nationale qui le 22 septembre 1792 ont programmé le calendrier révolutionnaire pour supplanter le calendrier grégorien ? Les noms de saints en furent alors bannis et remplacés par des noms de fleurs, de légumes, de fruits, d’arbres, d’animaux utiles et d’instruments agricoles, dans une hystérie collective. De la même manière, les très nombreux bourgs placés sous la protection d’un saint perdaient ce patronage, Saint Julien devenant Pradoux, Saint Michel Montagnarde ou Saint Cirgue Mont-Aygou ! Ces débordements peuvent-ils nous atteindre à nouveau ? Déjà les saints du calendrier sont désormais souvent abandonnés pour donner à nos enfants des prénoms les plus inattendus (Térébentine pour Cécile Duflot !). Ils sont aussi abandonnés lors de la présentation de la météo sur la télévision du Service public (alors que TF1, par exemple, évoque le saint du jour). A quand pour le calendrier des Postes ? On n’arrête pas le progrès ! Il y a pourtant encore matière à satisfaire nos révolutionnaires de café-concert…

Pierre NESPOULOUS