Chronique d’un désastre électoral annoncé !

Avoir les yeux plus gros que le ventre existe aussi en politique.

Certes, il était légitime qu’En Marche souhaitât apparaître dans la représentation issue des élections municipales mais il eût fallu pour cela avoir la maîtrise des durées.

Depuis la loi municipale de 1884, l’installation des nouvelles obédiences politiques s’est révélée pour chacune sur plus de 30 ans.

Il en fut ainsi des Républicains, de la représentation des radicaux socialistes puis des socialistes eux-mêmes. Il en fut encore ainsi lors de l’arrivée de la Vème République où la représentation locale des mouvements issus du gaullisme dura elle aussi plus de 30 ans. Encore faut-il ajouter que ces survenances furent d’influences plus que d’adhésions.

La diversité des uns et des autres (Divers-droites, divers-gauches,…) montre l’éloignement des politiques militantes.

L’erreur d’En Marche est d’avoir cru que le succès aux élections présidentielles et aux élections législatives -qui depuis le quinquennat sont la même chose- devait imposer à sa suite une assise locale importante.

Le délégué général d’En Marche s’en est si bien rendu compte qu’il tombe aujourd’hui dans une modestie excessive en ne prévoyant que 10.000 élus, conseillers municipaux peu nombreux, quelques adjoints et peu de maires.

Mais 10.000 ne font que 1/50ème des élus municipaux.

Cet excès de modestie, destiné à ne pas perdre, doit montrer à En Marche qu’il faudra en passer par le chemin de ces devanciers.

Cette modestie d’aujourd’hui n’est pas sans mérite. Elle n’est pas non plus sans avenir car comme le disait tonton : « il faut laisser du temps au temps ».

Jacques Limouzy