Chronique d’un duel annoncé : L’inévitable devient le possible et le possible évolue vers l’aléatoire

Ce duel dont les Français ne voulaient pas mais qui paraissait à ce jour inévitable n’est plus que possible. Et du possible à l’aléatoire, il n’y a qu’un pas. C’est la première leçon du second tour des élections régionales.

La deuxième est l’effondrement quasi général de « La République en Marche » qui, malgré une majorité parlementaire, s’achemine vers la non-existence politique à l’échelon territorial.

La troisième leçon est le désastre annoncé du Parti « Les Républicains » qui n’a pas eu lieu. En effet, il devait s’effacer entre le Rassemblement national et En Marche. Il n’en a rien été puisque ses électeurs se sont trouvés entre un Rassemblement national en dégringolade et un mouvement En Marche vers le néant.

Quoi de plus inévitable que les candidats républicains ou ceux qu’ils soutenaient occupent désormais tout l’espace politique libéré par l’effacement des soutiens de Marine Le Pen d’une part, et d’Emmanuel Macron d’autre part.

Pour couronner ces spectacles politiques inhabituels, il reste à évoquer l’intervention déplorable du Gouvernement qui n’a pas été la moindre.

Jamais, en effet, un Gouvernement s’était compromis au point d’envoyer de nombreux ministres se présenter dans des listes propres à inquiéter bien plus les candidats de l’opposition républicaine que ceux du Rassemblement national.

Ces opérations de commandos n’aboutirent pas et allèrent même jusqu’à tomber dans un ridicule qui ne manqua pas d’atteindre jusqu’au plus visible des membres du Gouvernement, c’est-à-dire le Garde des Sceaux.

A gauche, parce qu’il y a toujours une gauche, des divisions trop inutiles ont jeté le désordre dans un ensemble électoral affaibli que le PS a eu du mal à surmonter, alors que là où il n’a tenu compte que de lui-même, comme en Occitanie, le PS a gagné seul.

Ce qui va maintenant arriver c’est l’histoire encore à écrire de ces huit prochains mois.

Elle sera celle du pouvoir politique qui bien que plus solitaire n’a rien perdu de son imagination et de ses capacités opérationnelles. Et en face, celle des Républicains à qui le sort des élections redevient favorable tout en leur refilant « le mistigri » de la désignation du candidat présidentiel.

Bien que des projets éclairés les aient accusés comme d’être sans troupe et surtout sans chef capable de les mener aux présidentielles, là aussi, on s’était trompé puisque maintenant, il y a des troupes et plusieurs chefs.

Ce qui va peut-être nous montrer une fois de plus que la politique est un art tout d’application et qui s’exerce entre des hommes que tout rapproche mais aussi que toute préparation mal conduite peut séparer.

Jacques Limouzy