Ciné-débat sur le deuil périnatal

Le mardi 3 décembre à 20h30 au CGR Lido de Castres, sera projeté le documentaire Et je choisis de vivre, suivi d’une discussion animée par Yolène Rouanet, Psychologue Clinicienne spécialisée en Périnatalité.

À tout juste 30 ans, Amande perd son enfant. Pour se reconstruire, elle entreprend alors un parcours initiatique dans la Drôme, accompagnée de son ami réalisateur, Nans Thomassey. Ensemble, et sous l’œil de la caméra, ils partent à la rencontre d’hommes et de femmes qui ont, comme Amande, vécu la perte d’un enfant.

Le deuil périnatal est encore de nos jours assez tabou. Le deuil est l’expérience de vie la plus partagé et pourtant c’est la moins bien accompagné. Les familles se sentent si seules, si incomprises, qu’elles essayent de traverser cette douloureuse épreuve sans faire de vague, souvent en s’isolant…

Aucun adjectif ne qualifie la situation des parents, orphelin-orpheline, veuf-veuve, mais les parents que sont-ils ?

Le deuil est un travail psychique de soi pour soi après la perte d’un être cher. Le deuil périnatal est un deuil à part entière. Par la mort d’un enfant, c’est une partie du sens qu’on avait donné à sa vie, à ses projets qui disparaissent brutalement. La perte d’un adulte est la perte d’un passé commun, la perte d’un enfant est la perte d’un avenir, d’un être cher, d’un aspect de soi, voir même d’un accès à la parentalité aux yeux des autres. Il faut s’autoriser à être malheureux, à pleurer, car oui cet enfant à existé.

L’entourage peut être maladroit « vous êtes jeunes, vous en aurez d’autre », « il était si petit, vous n’avez pas eu le temps de vous attacher », « toi ce n’était pas un vrai accouchement », « pourquoi as-tu un congé maternité ? »

Il est essentiel de prendre le temps, le temps nécessaire à chacun pour « faire son deuil ». Est-il possible de « faire le deuil » de son enfant ? il est important d’apprendre à vivre avec la perte, avoir espoir d’une reconstruction sereine sans oublier. G Jurgensen disait « faire son deuil c’est en quelque sorte apprendre à passer du souvenir à la mémoire. Le souvenir enferme dans le passé, la mémoire projette vers l’avenir. Le passé est générateur de mélancolie, la mémoire est génératrice de dynamisme. C’est ce passage qu’il faut entreprendre si l’on veut reprendre gout à la vie ».

La société actuelle veut que les parents « passent rapidement à autre chose ». Comment traverser cette épreuve, quand la première année aurait dû être le théâtre des premières fois ? Et si je vais mieux, est ce que je ne vais pas oublier ? il est nécessaire d’apprivoiser le temps, de prendre tout le temps nécessaire à chacun, emprunter son chemin singulier de reconstruction.

Yolène Rouanet, Psychologue Clinicienne spécialisée en Périnatalité, accompagne les femmes, les couples à travers des parcours singuliers de vie autour d’un projet de maternité, d’une grossesse en cours, d’un deuil périnatal, ou d’un mal être suite à la naissance de son enfant.

Contact : Yolène Rouanet, Psychologue Clinicienne, D.U. de Psychiatrie Périnatale. 06.88.52.90.57 | yolene.rouanet@live.fr