Comme la Guerre de Troie, la découpe du parti Républicain n’aura pas lieu

La volonté maintenant apparente du président Emmanuel Macron de se faire élire par la droite va dominer les débats de la campagne présidentielle et remonter jusqu’à celle des élections régionales et départementales.

La nécessité pour l’Elysée de briser Les Républicains ne peut être rentable dans la clarté car la dimension de ce parti, ses tendances, ses antériorités et ses limites couvrent une grande partie de l’éventail politique constitué à partir des élections régionales et départementales.

Nous sommes dans une configuration, où si on débauche l’un, un autre rentre, où une formation, soi-disant moribonde, est recherchée pour permettre des adjonctions minoritaires alors que sa liste reste majoritaire.

M. Castaner nous a dit dimanche que la Droite manquait de chefs. Or, pour l’heure, elle en a potentiellement plus que toute autre.

Le Rassemblement national n’en a qu’un et c’est une femme ; En Marche n’a aucun chef sauf le Président à qui naturellement ça ne va pas suffire.

En réalité, il y a un autre problème. Le dépeçage annoncé des Républicains, c’est l’inexistence politique de la majorité faite par En Marche sur lequel le Président ne peut compter.

Avec une bonne centaine de députés à l’Assemblée nationale, avec la majorité du Sénat, avec la tendance démontrée à droite d’une grande partie des maires et des présidents de départements, la Droite, loin d’être inexistante, ne peut pas être aisément livrée à des opérations de découpage à l’intention des uns et des autres.

On notera aussi qu’une réélection toujours possible du Président sortant ne garantit plus obligatoirement à sa formation un succès aux législatives suivantes.

En ce qui concerne les élections de juin prochain, le Président n’a que deux stratégies :

Ou il fait l’impasse et enjambe les cantonales et régionales comme si elles ne le concernaient pas,

Ou il intervient avec tous ses moyens et notamment avec ses Ministres et Secrétaires d’Etat afin de muscler les listes toujours déficientes d’En Marche.

Dans ce dernier cas, il lui serait nécessaire d’éviter de perdre car la présence tonitruante du Garde des sceaux et de quelques autres ne paraissent pas à ce jour d’une quelconque efficacité.

Jacques Limouzy