Comment le temps passe

Il apparaît que lorsque notre temps est celui du débat ou celui de la querelle, il efface le temps des autres qui alors reste silencieux.

Sans que notre attention ait été le moins du monde retenue, des événements considérables sont intervenus dans les trois jours d’une de nos interminables grèves.

D’abord en Algérie, où un Président a été élu avec une majorité des 30 % des votants c’est-à-dire 15 % ce qui indique sa fragilité. Rien n’a été réglé. Ce Pays n’arrive pas à être le grand Pays qu’il devrait être.

Dotés de ressources majeures et d’un peuple intelligent, il ne cesse de proposer à sa jeunesse la saga ressassée de son passé en guise d’avenir. La, comme ailleurs, les héros sont morts, les vivants sont des vieillards rescapés qui s’accrochent au pouvoir.

Rien n’est donc réglé, ni institutionnellement ni politiquement.

Le deuxième événement survenu le temps de notre grève est le passage des ténèbres les plus noires à la lumière la plus aveuglante avec l’élection législative au Royaume Uni et la nette victoire de Boris Johnson.

Tout est clair le Brexit aura lieu, la date est fixée. Un accord avec l’Europe est possible à moins que Donald Trump serve la soupe afin de vassaliser l’Angleterre.

Mais l’Angleterre n’est pas comme la France une Nation, elle est faite de nations avec l’Irlande du Nord qui n’est pas une nation éternelle et l’Ecosse qui reste à 64% européenne.

Donc là aussi rien n’est réglé.

Enfin, un troisième événement est survenu cette fois-ci à Paris même. Le 9 décembre, pendant les grèves, Monsieur Poutine et la chancelière Merkel ont rencontré à l’Elysée le Président Ukrainien, Volodymyr Zelensky. L’écho de cette rencontre a été nul.

Ces trois événement pourtant majeurs, couverts par les fracas de nos querelles nationales, n’ont fait pas plus de bruit qu’un pet dans une cathédrale.

Jacques Limouzy