Conférence : « Las Cases, enfant du Lauragais » par Jean-Pierre Gaubert

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Le comte Emmanuel de Las Cases, dessin Delorme, gravure Müller, 1824 Coll. Bibliothèque Thiers

Qui fut le comte Emmanuel de Las Cases ? Un sentimental devenu « fou de l’Empereur » ? Un opportuniste ayant voulu suivre Napoléon en exil pour trouver matière à son best-seller : le Mémorial de Sainte Hélène ?

Entre ces deux pôles, l’homme de la fidélité, sensible aux émois du coeur et de l’esprit, et l’historiographe d’un des parcours les plus tumultueux de notre histoire nationale et européenne, se trouve un homme de chez nous, dont Jean-Pierre Gaubert, son biographe, s’attachera aux contours du portrait, et plus précisément à définir en quoi notre région lauragaise est en droit de le revendiquer comme représentatif de ses enfants.

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L’exposition consacrée depuis juin à Emmanuel de Las Cases aura bénéficié de la publication d’une copie de son journal rédigé à Sainte-Hélène auprès de Napoléon et qui, saisie en 1816, donna lieu lorsqu’elle lui fut rendue à la mort de l’Empereur en 1821, à l’édition du célèbre « Mémorial de Sainte-Hélène », fondateur de la légende napoléonienne.

La toute récente publication du « Manuscrit retrouvé (Perrin), véritable scoop qui dormait non exploité en Angleterre, sera évoquée par Jean-Pierre Gaubert, commissaire de l’exposition le jeudi 16 novembre en conclusion du cycle de conférences qui se sont succédées depuis juin au Centre national et musée Jean Jaurès.

En effet, elle relance une question qui n’a cessé de se poser depuis deux siècles et qui consiste à se demander qui est Las Cases notre compatriote du lauragais ? Un passionné de l’Empereur ? Un journaliste qui l’a suivi en exil pour rapporter un livre commercial ? Un témoin, à vocation d’historien ?

Si le public de ses lecteurs a depuis longtemps répondu en sa faveur, d’autres font remarquer à juste titre que Las Cases a tiré des 900 pages écrites à chaud (c’est cela que le Manuscrit retrouvé révèle) une œuvre qui en compte pas loin du triple, l’auteur ne s’étant jamais caché d’avoir ajouté à son texte initial compléments et commentaires revenus à sa mémoire ou plus simplement recueillis par lui entre 1817 et 1823. Et voilà qui relance le débat du premier jour qualifié parfois (Le Figaro du 28 avril dernier) « de l’une des plus grandes énigmes historiques de ces dernières années » en marge des questions suivantes : Las Cases a-t-il enjolivé les confidences de Napoléon à Sainte-Hélène ? A-t-il trahi Napoléon dans son Mémorial ? A-t-il inventé certains propos fameux ?

« Las Cases, enfant du Lauragais ». Jeudi 16 novembre à 18h30 – Centre national et Musée Jean Jaurès (Auditorium)
Conférence par Jean-Pierre Gaubert, commissaire de l’exposition, auteur de Las Cases, l’abeille de Napoléon (Ed. Loubatières, 2003)