Confinement – Le livre, une denrée culturelle indispensable

La vente de livres est-elle indispensable à la vie de la nation ? Suite à l’invitation à lire du Président Macron, cette question va au-delà du simple aspect culturel. La vente en ligne durant le confinement va-t-elle fragiliser plus encore les libraires indépendants ? Exploration et suggestions de Richard Amalvy.

Durant son allocution du 12 mars, le Président Macron a suggéré aux Français de lire. Il a raison, le temps devenu disponible, qui sera nécessairement long, est certainement propice à la lecture. Pour pallier l’ennui qui nous guette, France Culture a suggéré une liste de six livres qui racontent l’épidémie en littérature pour découvrir comment certains écrivains se sont emparés du sujet.

Mais les bibliothèques et les librairies sont fermées. À moins de posséder une collection abondante de livres, la ressources la plus directe est d’en télécharger ou de s’en faire livrer par les marchands en ligne.

Il y a deux jours, le syndicat de la librairie française s’est questionnée : « si la vente de livres en librairie n’est pas « indispensable » à la vie de la nation, pourquoi la vente de livres par Amazon ou un hypermarché l’est-elle ? ».

Au-delà de cette question, la vente en ligne risque d’influencer encore plus le comportement des consommateurs en faveur des plateformes commerciales et au dépend des libraires de quartier.

Éric Jalade, professeur de Lettres et d’Histoire en lycée professionnel à Mazamet, et ancien secrétaire départemental du parti communiste, a déploré que les librairies ne puissent pas être ouvertes durant la période de confinement. Dans un tweet adressé au ministre de la Culture, il a demandé : « est-il possible de corriger les décisions prises pour ce secteur d’activité ? ».

Sur son compte Twitter, Bernard Pivot allait dans le même sens dès le 15 mars : « Monsieur le Premier ministre, vous qui avez écrit et publié un livre où vous faites l’éloge de la lecture, ne fermez pas les librairies. Elles sont indispensables à la santé intellectuelle, morale et récréative du pays ». De très nombreux followers lui ont répondu, parfois durement, que la santé passant avant tout il fallait s’en tenir aux livres électroniques accessibles sur liseuses, tablettes et ordinateurs personnels.

Si les librairies de quartier restent fermées, pour concilier besoin de lire, exception culturelle française et patriotisme économique, il faut espérer que les lecteurs, au nombre croissant durant cette période, iront télécharger leurs nouveaux livres sur des sites comme Lisez ! qui regroupe de grandes maisons d’édition françaises.

Richard Amalvy