Conjoncture tarnaise : une année en demi-teinte

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Mardi 19 et jeudi 21 février, à Albi et à Castres, la Banque de France, la Chambre de Commerce et d’Industrie du Tarn et la Chambre de Métiers et de l’Artisanat du Tarn ont présenté le bilan 2018 de l’activité des entreprises dans le Tarn et en région Occitanie, ainsi que les perspectives 2019.

Synthèse : une année en demi-teinte, traversée de perturbations non sans incidence sur le moral des chefs d’entreprise

En fin d’année 2017, l’économie tarnaise bénéficiait du climat de reprise ressenti au plan national et les prévisions pour 2018 étaient plus qu’encourageantes.

L’activité se développait dans l’industrie, avec un étoffement des carnets de commandes et une progression des investissements. A l’exception du commerce traditionnel, les autres secteurs n’étaient pas en reste.

Tout au long du 1er semestre, l’activité économique est restée sur cette pente favorable, avec une consolidation des performances enregistrées précédemment, au diapason avec la métropole toulousaine et le littoral méditerranéen.

Grâce à l’endurance de quelques secteurs clés, l’industrie tarnaise a ainsi poursuivi son développement. Une fois encore, les meilleures performances ont été observées dans la métallurgie, la mécanique, les équipements électriques, électronique et les automatismes ainsi que dans l’ensemble de la chimie. Dans les services marchands, on a pu distinguer la bonne tenue de l’informatique, de l’ingénierie et des TIC. L’artisanat est également resté sur une pente favorable.

Le secteur du bâtiment et des travaux publics a conforté son redressement, en dépit d’une croissance un peu moins vive que l’an passé et du ralentissement de la commande publique observé après l’été.

A partir de juin, on a pu constater une baisse de régime, mineure dans l’industrie, mais plus préoccupante dans les autres secteurs d’activité.

A quelques exceptions près, en dépit des nombreuses animations proposées, la météo capricieuse et les mouvements sociaux ont eu un impact négatif sur le tourisme et le commerce. Le relai pris avant les Fêtes par le mouvement des Gilets jaunes a achevé tout espoir de reprise de l’activité commerciale en centre-ville comme en périphérie. Le transport, encore en légère croissance sur 12 mois, a ainsi souffert en fin d’année.

Ce tableau mitigé est également à nuancer : si les rentabilités se sont généralement un peu érodées, l’investissement est resté globalement actif et les projets pour les prochains mois sont encore nombreux.

L’emploi industriel, en déclin depuis des années avant 2017, a connu une nouvelle embellie et des perspectives d’embauches sont toujours présentes. Cela a contribué à la réduction du chômage même si des difficultés de recrutement perdurent.

Sans surprise, indépendamment de leur secteur d’activité, les entreprises les mieux structurées, capables de s’adapter aux attentes du marché, voire de les anticiper, ont su se développer ou préserver leurs acquis. Mais pour la majorité, l’optimisme enregistré ces dernières années s’est progressivement émoussé pour laisser place à une certaine incertitude.

Malgré tout, une nouvelle étape de croissance, certes plus mesurée selon les secteurs, est à nouveau attendue en 2019.