De la transition écologique

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Sorte de gadget pseudo-démocratique, décidé en catastrophe par Emmanuel Macron et Edouard Philippe pour calmer les « gilets jaunes », un grand débat est lancé sous forme de Consultation nationale, présidé par l’ex-ministre de Nicolas Sarkozy Chantal Jouanno. Aux yeux des commentateurs, il n’est pas sans rappeler, après plus de deux siècles, les Cahiers de doléances des derniers temps de la monarchie. En espérant que l’issue en sera moins sanglante ! Quatre grands thèmes sont retenus : l’écologie, la fiscalité, la pratique de la démocratie et l’organisation des services publics. Un cinquième sujet avait été avancé, celui de l’immigration, que beaucoup de Français auraient d’ailleurs voulu placer en premier, mais il a été retiré, jugé sans doute trop important pour être soumis au peuple. La politique de l’autruche !

La consultation ravira sans doute ceux qui considèrent que la voix du peuple n’est pas portée par une assemblée de « godillots », députés de cette « République en marche », rassemblés de bric et de broc au lendemain de la Présidentielle. Personne ne se fait d’illusion sur les qualités politiques de ces opportunistes qui ont fait le choix de suivre l’idole du moment, élus tirés de castings approximatifs et improbables ne devant servir que de claque législative pour enregistrer les lois dictées par la technostructure.

C’est donc déjà un mauvais indice que soient retirées les questions qui intéressent le plus les Français, soit l’immigration et le poids de la dette que nous laisserons à nos enfants. Par contre, la « transition écologique » est la préoccupation première : on nous imposait une « taxe écologique » et, en réponse à la colère, on invente un « Comité Théodule », dit « Haut Conseil pour le climat », un cercle de réflexion de plus ! La mode étant aux « marches », on imagine aussi une « marche pour le climat ». Résultat assuré : aux cris de « Y a plus de saisons ! », les ravis de Macron exigeront que le gouvernement baisse le thermostat d’un cran. Le « bobo », pétri de sa conscience de bon aloi, inconditionnel de France Inter et de BFM TV a le mérite de représenter le point zéro de la conscience politique. Mais l’essentiel n’est-il pas d’éveiller chez tout un chacun la culpabilité écologique ? Avant, il y a eu « l’effet de serre », et aussi « les pluies acides », dans les années 80, et puis « le trou dans la couche d’ozone », grande peur qui nous menaçait de périr tous grillés !

Fin psychologue, Nicolas Hulot a estimé que ce n’était pas son moment… De son côté, le Premier ministre nous a assuré, en quelques minutes de discours creux, qu’il avait compris que les Français avaient besoin de respect et de compréhension, mais il a confirmé que la politique de transition écologique ne changerait pas « pour le bien de la planète »… Les Français comprennent l’écologie qui les touche de près,, notamment la pollution ponctuelle et locale, l’écologie expurgée des mensonges qu’on leur distille en permanence, jusqu’à leur infliger un sentiment de culpabilité. Il était intéressant de suivre, la semaine dernière, une émission de Sud Radio dans laquelle intervenait le Professeur François Gervais, directeur de recherche au CNRS, qui vient de publier un livre explosif : « L’urgence climatique est un leurre ». Pour lui, « réduire en France les émissions de CO2 de 20% éviterait à la planète de se réchauffer de moins d’1/1000 de degré ! Comme lui, les scientifiques « climatosceptiques » ne sont pas une petite minorité. On connaissait notamment la position de Claude Allègre. Avec plusieurs prix Nobel, ils s’opposent aux propagandistes subventionnés du monde des médias, de la politique, des altermondialistes, de l’ONU, et aussi du monde de la finance, compte tenu des milliers de milliards de dollars en jeu ! Le GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat) est l’instrument de ces derniers. L’Histoire de la planète a connu des variations climatiques, par épisodes de réchauffement et de glaciation sur des siècles, auxquelles l’Homme n’a pas pu grand-chose, et que l’on impute généralement à des variations naturelles et des éruptions à la surface du soleil ! François Gervais, qui a consacré sa vie aux problèmes engendrés par l’écologie, démontre, point par point, que le réchauffement climatique qui entraîne cette transition écologique devient l’ « arnaque du XXIème siècle » !

Alors, les macronistes, partant à la chasse aux idées, achètent n’importe quelle idée pourvu qu’elle soit à vendre et qu’elle ne soit pas trop chère. Qu’elles ne soient pas d’une qualité à toute épreuve, et même pas de première fraîcheur, qu’importe, ce sont des idées. Et voilà comme on se retrouve avec une transition énergétique (cela ne veut rien dire, mais ça sonne bien…) qui lutte contre le réchauffement climatique en vous taxant à qui mieux mieux. Tout cela dit, à l’aube d’une concertation engagée au plus profond de nos provinces, un pouvoir qui manque de courage et d’imagination en tout, sauf pour s’appuyer sur une fiscalité écrasante, est-il en mesure de demander aux Français ce qu’ils veulent vraiment ?

 

Pierre NESPOULOUS