Debout la France : Jean-Pierre Antoni claque la porte

Après le soutien de Nicolas Dupont-Aignan à Marine Le Pen lors des dernières élections présidentielles, le Tarnais Jean-Pierre Antoni a annoncé qu’il «quittait  le mouvement » et « toutes ses fonctions ».

Voici ce qu’il a écrit à Nicolas Dupont-Aignan dès le 28 avril au soir :

« C’est le cœur gros que je t’écris ce message. Je respecte ta décision, mais tu sais que je ne peux te suivre. En conséquence je démissionne de toutes mes fonctions et du mouvement à compter de ce samedi 29 avril »

En appelant à voter pour Marine Le Pen, et en passant un accord de gouvernement, Nicolas Dupont-Aignan a rompu le contrat tacite qu’il avait passé avec les adhérents de Debout la France et avec ses électeurs. Cet accord n’a jamais été dans le contrat. Maintes fois interrogé sur le sujet, Nicolas Dupont-Aignan avait toujours écarté cette hypothèse, présentant le FN comme le meilleur allié d’un système qui enfermait les français dans un piège Depuis le 28 avril le piège s’est refermé, rendant impossible dans une vision à moyen terme, l’émergence d’une véritable et durable force politique alternative, patriotique et humaniste capable de transcender les vieux clivages droite-gauche et d’incarner, surtout, le rassemblement des français.

Je ne comprends pas cette stratégie de court terme qui a, aussitôt, déclenché un véritable séisme au sein d’un parti politique que nous nous sommes tant battus à construire depuis des années. Certes, les résultats électoraux ne sont pas à la hauteur de nos espérances ; ce mouvement en constante progression au fil des scrutins, s’est bâti grâce au dévouement et à l’abnégation des militants qui y ont consacré du temps, de la sueur et, pour une grande part d’entre eux, de l’argent. Dans un monde politique gangréné par l’opportunisme, nous étions restés purs. Enfin, jusqu’au 28 avril.

Alors certains me diront que ce n’est pas l’avenir d’un parti politique qui est en jeu mais de celui de la France dont il s’agit. Qu’ils se rassurent, je n’ai jamais considéré le Parti comme une fin en soi mais simplement comme l’outil permettant de défendre des idées et nos valeurs. En cassant Debout la France et, qui plus est, en se mettant à la remorque d’un autre parti dans un rapport de force qui nous installe comme de simples supplétifs, nous perdons toute crédibilité et légitimité pour faire entendre une voix originale et indépendante qui va forcément manquer, demain, lorsqu’il s’agira de la profonde recomposition politique qui se produira immanquablement, à la suite des élections législatives. Pour Nicolas Dupont-Aignan et Debout la France, il sera trop tard. Ils seront devenus, de simples rabatteurs de voix pour le FN

S’il est indéniable qu’il existe des points communs entre le programme de Debout la France et celui du FN, notamment lorsqu’il s’agit de l’indépendance de la France et de la critique du mode de construction de l’Union Européenne, ils ne constituent pas, pour autant, les conditions nécessaires et suffisants pour rendre nos deux formations politiques compatibles et encore moins pour officialiser un mariage contre nature. Car le FN a une histoire et un ADN qui ne sont pas solubles dans l’idée que je me fais du gaullisme.

Pour que les choses soient claires, j’ajouterai que le 7 mai j’ai voté blanc. Ce vote blanc que Nicolas Dupont-Aignan avait intégré dans son programme comme un outil de renouvellement et d’oxygénation de la vie politique.

Avant de tirer ma révérence, je tiens, une dernière fois, à rendre hommage aux femmes et aux hommes qui m’ont accompagné, durant toutes ses années, pour faire vivre notre mouvement sur le terrain. Leur dévouement a été exemplaire. Quel que soit le chemin qu’ils prendront, qu’ils sachent que je ne les oublierai jamais.

Aujourd’hui, je suis triste de devoir tourner la page d’une aventure militante qui a guidé toute ma vie et surtout, de le faire dans ces conditions. Mais fidèle aux valeurs auxquelles j’ai toujours cru, je le fais sans amertume. J’y vois aussi une forme de liberté retrouvée. »