Dans « Puy du Fou », il y a « Fou »

Dans « Puy du Fou », il y a « Fou ». C’est à croire qu’évoquer la réouverture de ce Grand Parc de Loisirs lors du déconfinement réveille chez certains plus que des démangeaisons. La presse bobo unie se distingue, comme d’habitude, par un sectarisme qui va à l’encontre de son désir de passer pour une presse intellectuelle. Elle dépasse encore une fois les limites de l’intolérance. Sachant qu’Emmanuel Macron a pesé de tout son poids dans la balance, Sylvain Chazot, de « Libération » s’est indigné de ce « fait du prince », imposé à Edouard Philippe dans une différence d’appréciation des enjeux économiques, sécuritaires mais aussi symboliques, du déconfinement. Comment le Président pouvait-il être insensible devant cette structure faisant vivre deux mille salariés dont de nombreux intermittents du spectacle et attirant plus de 2,3 millions de visiteurs annuels ? Comment ? Je rêve ? Un Parc à thème sur l’Histoire de France ? La royauté ? Qu’entends-je, la chrétienté ? Non. Si cela pouvait rafraîchir un peu les connaissances de certains Français sur leur Histoire, il est évident que ce « ringardissime Puy du Fou », aux yeux de Frédéric Martel, de « France Culture » doit être fermé. Ainsi pourraient être satisfaites les critiques se multipliant sur les réseaux sociaux contre cet « outil de propagande » et cette « machine à endoctriner » ! Pourquoi alors ne pas le remplacer par des artistes actuels comme par exemple les marginaux qui paradaient à la fête de la Musique élyséenne en 2018 ?

Nous savons avec Aristote que l’homme est un animal social. La pandémie du Covid-19 nous rappelle aussi qu’il est un animal tactile, il suffit de voir des singes se frotti-frotter pour comprendre que cela ne date pas d’hier. Nous avons besoin de nous toucher. Parfois, c’est pour manifester notre hostilité, de même que le geste de trinquer, devenu une marque de complicité, visait originellement à mélanger le contenu des verres pour prévenir les empoisonnements ; la poignée de mains a été, paraît-il, inventée pour vérifier que l’autre ne dissimulait pas une arme. Adoptons les mesures qui ont enrichi notre vocabulaire ces temps derniers, dans le respect des consignes des « gestes-barrières », de la « distanciation sociale », y compris sur les « plages dynamiques », pour éviter l’apparition de « clusters » autrement dit de foyers d’infection !

Nous voilà parvenus aux limites de l’« en même temps » macronien. Que s’est-il passé ? La veille, on résistait au virus en terrasse et en allant au théâtre. Le lendemain, on devait se confiner et sortir avec une attestation administrative. Autre exemple : le même jour, il fallait aller voter et rester chez soi. Cette confusion inaugurale a fragilisé la crédibilité du pouvoir à un moment où il devait affirmer à la fois sa légitimité et son efficacité. On ajoute qu’elle s’est poursuivie autour de la question du masque, décrété inutile parce que manquant, puis devenu nécessaire. On comprend la perplexité du commun des mortels, qui veut bien suivre les consignes, à condition de savoir lesquelles dureront plus que quelques jours.

Le confinement a sans doute été utile, parce qu’il n’y avait rien d’autre à proposer et qu’à défaut il s’est montré efficace. Nos dirigeants sont terrorisés à l’idée de la facture qu’il faudra payer, non seulement en vies humaines, mais aussi en rejet d’une population enfin consciente de leurs responsabilités. Remarquons objectivement que la plus grande partie de notre peuple a été soigneusement acculturée par une Education Nationale vidée de toute substance et gagnée à tous les thèmes de déconstruction de la société et de ses valeurs par le relativisme idéologique. Je ne parle même pas de la glorification des pires revendications marginales de dirigeants obnubilés par d’imbéciles réformes sociétales, le mariage gay, la PMA pour toutes, la promotion des dérives LGBDT, le féminisme victimaire, la destruction de la famille, l’individualisme sanctifié. « Celles et ceux » qui détenaient le pouvoir n’ont rien entrepris de ce qui était et reste le premier devoir d’un élu : protéger sa population. Je crois que le peuple français décérébré n’est plus capable de réfléchir aux événements et de prendre un peu de distance face à une information soigneusement manipulée.

L’art politique est un art de l’improvisation, surtout en situation de crise, quoi qu’en disent ceux qui n’ont jamais cessé d’entretenir un fantasme technocratique.