Disparition à Lavaur du docteur Ajzenberg : Réaction de Bernard Carayon

C’est une grande et belle figure de Lavaur qui vient de disparaître, une éminente personnalité de la psychiatrie française, aussi.

Le docteur Daniel Ajzenberg ouvrit, en 1966, notre cité à ce monde alors encore étrange, avec le concours enthousiaste de l’un de mes prédécesseurs, Raoul Lacouture. L’hôpital « d’en haut », Philippe Pinel, était baptisé du nom de notre compatriote tarnais qui avait délivré les aliénés en 1793 de leurs chaînes. La voie était ouverte à l’identification et au traitement des maladies mentales. Émancipation révolutionnaire, progrès dans la science médicale, tout commence à la fin du XVIIIe siècle. Le docteur Daniel Ajzenberg s’inscrit dans cette tradition humaniste qui reconnait au malade le droit de pouvoir vivre « hors les murs ». Un droit curieusement né en Lozère durant la seconde guerre mondiale et qui s’imposera dès les années 60.

Daniel Ajzenberg avait le regard clair et brillant.

J’aimais cet homme qui s’était épargné dans sa vie toute allégeance, lui qui, adolescent, avait vu, sous l’Occupation, la peur dans le regard du père, tant aimé.

Lui-même fut ici profondément aimé et respecté. Il le savait et en jouait avec malice, sans jamais user, jamais oui, des rapports de force. Il n’en avait pas besoin, d’ailleurs ! À son épouse albigeoise, qu’il rencontra à Lacaune, à sa fille et son fils, à ses nombreux amis, j’adresse mon affection et ma reconnaissance pour l’œuvre qu’il sût, si bien et si fort, partager.

 

Bernard CARAYON
Maire de Lavaur
Président du Conseil de Surveillance du Centre Hospitalier