Droite et Centre : Le candidat parfait sera-t-il tarnais ?

Alors que le nombre de candidatures pour la primaire ne cesse d’augmenter du côté des Républicains, le Centre se divise sur la posture à adopter pour la désignation des candidats à l’élection présidentielle. La providence trouvera-t-elle dans le Tarn le candidat parfait pour la magistrature suprême ?

Pour la première fois en 2016, la Droite et le Centre se préparent à organiser une primaire qui désignera un candidat pour l’élection présidentielle. En mars, Les Républicains comptent déjà 12 candidats potentiels. Mais la règle exige que chaque prétendant obtienne le soutien « d’au moins 2.500 adhérents à jour de cotisation, répartis sur au moins 30 fédérations différentes, sans que plus d’un dixième des signataires de la représentation puissent être issus d’une même fédération ». Ils devront aussi bénéficier du parrainage « d’au moins 250 élus répartis sur au moins 30 départements, dont 20 parlementaires ». Il y aura donc un écrémage.

Du côté du Centre, c’est l’ébullition. Les différentes composantes ne sont pas d’accord sur la démarche à adopter. Jean-Christophe Lagarde, président de l’UDI, dit que sa formation n’y participera pas faute d’un contrat d’alternance avec Les Républicains. Il est contesté par Hervé Morin, président du Nouveau Centre, et des parlementaires centristes ont d’ores et déjà apporté leurs soutiens aux Républicains Alain Juppé et Bruno Le Maire. En rupture avec le Modem et grisé par son tour de France, le député béarnais Jean Lassalle s’est récemment lancé : «On est à un moment tourmenté de notre histoire où les gens nous demandent de changer les têtes » a-t-il récemment expliqué au Figaro. La sienne peut-elle être celle de l’emploi ?

Pour changer de têtes, le valeureux Lassalle devra compter sur la concurrence d’un ami qui fut comme lui un ardent soutien de François Bayrou. Le 10 mars dernier, La Dépêche nous apprenait que Philippe Folliot pourrait être « le joker » de l’Alliance centriste en cas de défaillance de son président Jean Arthuis. Avec le député de Saint-Pierre-de-Trivisy, le Tarn pourrait offrir le candidat parfait pour la primaire de la Droite et du Centre. C’est épatant.

Né un 14 juillet, le destin national du député de la troisième circonscription est congénital. Mais son atout principal vient d’un parcours politique parfaitement éclectique, car il a forgé son centrisme comme d’autres fabriquent des points d’équilibre en étant un peu partout. On a vu sa carrière démarrer en 1988 chez les gaullistes du RPR, puis chez les gaullistes souverainistes du RPF qu’il quitta dès son élection à l’Assemblée en 2002, pour s’apparenter aux fédéralistes européens de l’UDF. En 2007 il s’apparenta au Nouveau Centre sans y adhérer, par prudence sans doute. En effet, sortant en 2012 d’une campagne présidentielle avec le président du Modem qui venait d’appeler à voter pour François Hollande, soucieux de visiter toutes les paroisses centristes, il se posa enfin chez Jean Arthuis qui dirige l’Alliance éponyme (membre de l’UDI). Non seulement prédestiné, mais surtout passé par toute la Droite et par tout le Centre, Folliot est le candidat parfait pour la primaire. Nous espérons qu’il recevra le soutien unanime de son micro-parti et de tous ceux qu’il a traversés, réalisant enfin une synthèse que certains croient jusqu’ici improbable.

La vraie question est de savoir à quoi servent les candidatures de ceux qui ne parviendront pas à l’investiture. Au cours des débats, elles devraient contribuer à l’élaboration du projet qui permettra à la France de retrouver sa place et son ardeur. En réalité, elles permettront à chaque concurrent de mesurer son pouvoir d’influence et parfois de nuisance, pour le moment venu négocier un maroquin au prochain gouvernement. C’est ce que les socialistes et leurs alliés ont fait. Quotidiennement, nous en déplorons le résultat.

Philippe Folliot, qui sert au contre-gouvernement de l’UDI, doit bien avoir une idée derrière la tête, car c’est à cet endroit que se cachent les intentions les plus ambitieuses et les moins avouables.

Richard Amalvy