Du bon usage des mots

On ne peut rien nommer si ce n’est par son nom. (Boileau)

Or, depuis longtemps, nous avons vu disparaître le mot « émeute » remplacé par « action de harcèlement », le terme « trafic de stupéfiants » par celui « d’économie parallèle », le mot « délinquant » par celui de « jeune sauvageon » et le terme « zone de non droit » par celui de « quartier sensible ».

Souvenons-nous, que Monsieur Arnaud Montebourg avait jadis participé à cette occultation du langage en s’indignant du mot « racaille » employé par Nicolas Sarkozy. En avait-il un autre à nous proposer ? Comment pouvait-il penser que ce mot était inadéquat pour désigner des trafiquants, des manipulateurs, des incendiaires et parfois des criminels ?

Trop de beaux esprits en effet se sont indignés du caractère martial et volontariste que supposait l’emploi d’un tel mot.

Cette réflexion est du même tabac que celle qui en 1968 déclarait que l’apprentissage de l’orthographe participait au maintien de l’ordre.

Il est tout aussi stupide d’expliquer ces violences en en trouvant la cause dans les propos nécessaires et l’action indispensable de celui qui était alors Ministre de l’Intérieur.

Un chat ne peut être appelé qu’un chat et donc la rectitude des mots doit naturellement déboucher sur la justesse des choses.

Jacques Limouzy