Du droit d’asile

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Dans un « brûlot » de 113 pages, les Hauts magistrats de la Cour des Comptes dénoncent l’incurie dans la gestion des demandeurs du statut de réfugié et pointent les incroyables lacunes de la réforme Valls-Cazeneuve qui est arrivée ce mercredi en Commission des lois au Sénat, réforme critiquée pour son manque de sincérité, de réalisme et d’ambition, avec ce cri d’alarme lancé au gouvernement par la Cour des Comptes : «La politique d’asile est devenue la principale source d’arrivée d’immigrants clandestins en France». Ainsi, le coût de l’asile est chiffré à plus de 2 milliards d’euros par an pour la collectivité nationale. Il y a le coût de ceux qui arrivent, mais aussi le coût de ceux qui ne repartent pas, puisque, d’après la Cour, seulement 1% des déboutés quitteraient le territoire ! Et, dans le même temps, certaines de nos élites quittent la France !

Cela fait des années que la Cour des Comptes dénonce scandales et gabegies. Les hommes politiques semblent pourtant n’en tenir aucun compte ! Et il faut ici que les Sages mettent le doigt sur ce dossier pour en parler un peu. Ce rapport quelque peu explosif semble pourtant un non-événement sur les chaînes publiques incroyablement muettes sur le sujet. Les départementales passées, le pouvoir semble faire ronron («la sieste» comme l’écrit Le Point) et le déni de réalité reprend ses droits. On parle de vente de Rafale, de J.O., de la poursuite des enquêtes sur Nicolas Sarkozy, des futurs bons chiffres assurés du chômage et de la réduction imaginaire des déficits publics !

Pourtant, les Français sont sans nul doute sensibles à ce problème important. Jean Raspail avait, dans son roman visionnaire «Le camp des Saints», décrit le débarquement de réfugiés en nombre tel qu’il serait impossible d’arrêter cet envahissement. La Cour des Comptes veut-elle dire que, financièrement, il va bientôt être impossible d’accueillir toute la misère du monde, comme Michel Rocard l’avait dit en son temps ?

Le projet de réforme du droit d’asile porté par le gouvernement Valls ne manque pas d’alarmer un peu plus les Sages. Il prévoit d’améliorer la protection des personnes, de leurs conditions d’accueil en prévoyant la création de 4000 places supplémentaires au sein des structures d’hébergement, de généraliser l’effet suspensif des recours contre les décisions refusant l’asile, de prévoir que les demandeurs soient conseillés sur leurs droits, d’harmoniser les aides financières, d’étendre les droits en termes de réunification familiale et de documents de voyage afin de faciliter (je cite) «l’intégration à la société française». Au train où vont les choses, à quand le droit de vote aux clandestins ?

Notre ennemi, ce n’est pas le bougre demandeur d’asile, c’est la pauvreté. Pour encourager le migrant à rester chez lui, il faudrait de notre part une politique d’investissement dans ces pays qui jadis furent la France. Nul n’est heureux de quitter les siens et la terre qui l’a vu naître. Les bobos qui sortent de leur loft pour donner des leçons de tolérance défendent trop souvent des communautés plus fidèles à la CAF qu’à notre culture européenne et au patriotisme français. D’ailleurs, qui parle encore de la Patrie, de l’Identité française, de la Nation ? Par veulerie sans doute, de peur d’être stigmatisés, les hommes politiques ont évacué d’un revers de main ces notions, comme tout débat sur l’immigration, Jean-Marie Le Pen en ayant fait son cheval de bataille. Arrivés aujourd’hui au point de rupture économique, culturelle, sécuritaire, nous constatons la crise malheureusement ouverte.

Comment ne pas terminer en citant ce texte bien connu du général de Gaulle : «C’est très bien qu’il y ait des Français jaunes, des Français noirs, des Français bruns. Ils montrent que la France est ouverte à toutes les races et qu’elle a une vocation universelle. Mais à condition qu’ils restent une petite minorité. Sinon la France ne serait plus la France. Nous sommes quand même avant tout un peuple européen, de race blanche, de culture grecque et latine et de religion chrétienne… Ceux qui prônent l’intégration ont une cervelle de colibri, même s’ils sont très savants. Essayez d’intégrer de l’huile et du vinaigre. Agitez la bouteille. Au bout d’un moment, ils se sépareront à nouveau» ? Et le général terminait ses réflexions avec une boutade d’un humour amer, par le refus que son village de Colombey les deux églises devînt un jour «Colombey les deux mosquées»…

Pierre Nespoulous