Du racisme ordinaire

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Trente ans après la “Marche pour l’égalité et contre le racisme”, dite “Marche des beurs”, les discriminations restent. Viennent de paraître les résultats d’un sondage de l’institut “Opinion Way” pour la Licra : 59% des Français estiment que le racisme a augmenté.

Le bilan qui peut paraître curieux indique en outre qu’il est plus difficile qu’il y a trente ans d’être d’origine maghrébine, mais qu’il est plus facile qu’il y a trente ans d’être noir ou d’origine asiatique. Pour le président de la Licra, cela s’explique par les conséquences du 11 septembre et des nombreux attentats islamiques. Mais ce serait trop vite occulter le quotidien où seul le communautarisme qui privilégie les délinquances de tout acabit est responsable de son propre rejet. Car c’est le communautarisme qui a progressé : il n’existait pas il y a un demi-siècle. 

Le racisme augmente ? Il faudrait d’abord savoir ce que l’on entend par racisme : est-ce l’injure facile que les autoproclamés bien-pensants jettent à la tête de tous ceux qui n’adhèrent pas à leurs dogmes ? La réserve vis-à-vis des étrangers est la chose la mieux partagée dans toutes les sociétés humaines, comme pour les habitants de ce petit village de Sabolas, bourgade du Moyen Age, qui, dans le roman d’Henri Béraud “Le bois du Templier pendu” arraisonnent et pendent à un hêtre un templier de passage parce qu’il était pour eux différent puisqu’inconnu… Et, de plus, lorsque ces étrangers se comportent mal et ne respectent pas les codes sociaux et culturels de leurs hôtes, il est inévitable qu’il y ait une réaction. Demandez donc à nos policiers et nos pompiers qui se font “caillasser” dans nos banlieues qui est raciste ?

Certaines “provenances” d’immigrés ne soulèvent quasiment pas de forme de racisme – certains d’ailleurs peuvent être élus aux plus hautes fonctions de la République -, par contre il est clair que ce sentiment peut être exacerbé par les actions des associations, MRAP, SOS Racisme, Licra, etc. Leurs permanents professionnels n’ont de cesse de harceler les Français de souche (les “souchiens”, que certains qualifient volontiers impunément de “sous-chiens”) de plaintes récurrentes, de provocations en tous genres, comme certaines paroles de chansons de rap, et de langue de bois quand leurs “clients” habituels sont pris en faute.

Le “racisme” est-il un slogan politique ? Demandez à Jean Philippe Désir (“Harlem”, cela fait plus exotique), fondateur de SOS Racisme. Y a-t-il une logique dans l’attitude de ces antiracistes, ou ne faut-il voir en eux que des manipulateurs ? Avant ces boutefeux, il y avait certes moins d’immigration, mais les communautés vivaient ensemble, puis s’intégraient. Ce n’est plus le cas et il faut éviter un jugement unilatéral sur la cause. Dans certains quartiers, la cohabitation devient difficile. Et cela ne reste qu’un constat, pas une provocation. Il serait bon d’éviter le mot de “stigmatisation” dans tous les discours, en particulier ceux des associations précitées dont c’est le fonds de commerce et qui ne lui donnent un sens que dans une direction, et toujours la même.

A force de désigner toujours les mêmes comme racistes, les non-concernés s’en sont donné à cœur joie pour imposer des comportements discriminants et communautaires certainement plus dangereux. Passer du droit à l’indifférence à l’exigence de la reconnaissance de leur spécificité avec un comportement agressif et envahissant, voire violent, ne peut que susciter une réaction de rejet. Tant que les politiques ne lèveront pas le voile sur ces évidences, nous n’en sortirons pas.

Et pas d’erreur d’interprétation. On entend souvent dire : “Ils n’ont qu’à rentrer chez eux !”

La plus grande partie des gens dont nous parlons sont des Français de nationalité sinon d’origine. Pour quelle raison ? C’est un autre important débat à mener. Mais faire des demandes extravagantes au nom d’une religion ne montre un souci ni de discrétion ni d’intégration dans notre société, mais celui de rester marginaux. Les prières de rue, le voile, le niqab, le halal dans les cantines, les horaires spéciaux dans les piscines, le refus des cours d’éducation physique etc. ne font pas partie de notre culture. Que les chrétiens aillent exiger dans les pays musulmans le dixième de ce que ceux-ci exigent en France, voire même leur simple droit d’exister, et l’on verra qui sont les racistes. Il est quand même plus facile d’être musulman dans un pays de tradition chrétienne que chrétien, voire même athée, dans un pays musulman. Il ne faudrait pas inverser les rôles. D’ailleurs, dans toute relation humaine, on oublie trop souvent que la première exigence est la réciprocité. 

Il ne faut pas confondre racisme et nationalisme. C’est toujours la même confusion. Les Français sont de plus en plus nationalistes car, en période de crise économique durable et de mondialisation effrénée, préjudiciable sous certains aspects, il est naturel que les citoyens exigent un recentrage. Cette situation se vérifie souvent ailleurs, et les grandes puissances étrangères n’y ont jamais renoncé (USA, Chine, Russie, etc.). Il n’y a guère qu’en France que l’on donne le bâton pour se faire battre. C’est la conséquence du modèle multi-culturaliste, relativiste et égalitaire prôné notamment par la gauche qui y voit le terreau de ses électeurs, relayé par les médias “bien-pensants”. En défendant des cas de repli sur soi de certaines communautés, l’on renforce le communautarisme. Toute la question est de savoir si la France veut continuer d’appartenir au monde occidental ou être reliée à un autre continent. L’erreur majeure est de dire “Nous allons vous intégrer”, à la différence des précédentes vagues d’immigration où c’était “Vous devez vous intégrer”. 

On ne constate pas un progrès du racisme, mais une intolérance justifiée contre toutes les attaques directes ou indirectes au sentiment d’appartenance à une nation qui n’a aucun besoin d’accommoder à n’importe quelle sauce exotique une recette du bien vivre ensemble qui a fait ses preuves depuis longtemps. Et si, pour le sondage évoqué au début, la question subsidiaire était : “Est-il plus difficile en France d’être blanc et chrétien qu’il y a trente ans ?” La bonne question c’est : “Pourquoi ?”. La réponse est facile à trouver… Et Dieu rit de ceux qui déplorent les effets dont ils chérissent les causes…

Pierre Nespoulous