Elections régionales d’Ile-de-France : Un homme de devoir

Il est vrai que Monsieur Huchon est là depuis longtemps mais a-t-il à ce point désespéré ses amis socialistes ou faut-il que la division soit telle chez eux pour qu’ils doivent solliciter l’une des dernières grandes pointures qui leur reste pour incarner ce sauveur toujours nécessaire dans des situations compromises ?

Il y a longtemps que Claude Bartolone rêve de se consacrer à autre chose qu’à la Présidence de l’Assemblée nationale, fonction prestigieuse mais labeur monotone pour un homme aussi actif et constamment à la recherche d’étapes nouvelles.

N’avait-on pas parlé de lui comme un éventuel Premier ministre, dans ces moments fugitifs où il apparaît qu’on en cherche un, et comme certains se demandaient d’où pouvaient venir ces bruits incontrôlés, des malveillants insinuèrent qu’il s’agissait seulement d’une opinion toute personnelle de l’intéressé, discrètement diffusée ?

Aujourd’hui, l’irruption de Claude Bartolone dans les élections régionales d’Ile-de-France semble faite du même tabac.

«Si tout le monde me le demande, je ne me déroberai pas»

Bien entendu, on ne peut dire pareille chose que si tout le monde a été mis en place auparavant.

Quoi qu’il en soit, Claude Bartolone a le droit de faire ce qu’il fait, pourvu que nous ayons le droit de savoir ce qu’il fera ensuite.

Si Monsieur Bartolone est élu, il quittera l’Assemblée nationale qui élira un autre Président. Du moins faut-il le croire !

Si Monsieur Bartolone est battu, il semble qu’il ait l’intention de continuer de présider l’Assemblée nationale, il en a le droit.

Mais s’il en a le droit en aura-t-il l’estomac, pour reparaître dès le lendemain au perchoir ?

Car la Présidence de la Région parisienne ce n’est pas la Mairie d’Heucourt-Croquoison dans la Somme ; l’échec politique sera de grande dimension, car M. Bartolone, lui-même Président de l’Assemblée, en aspirant à une présidence régionale donne à cette fonction une telle dimension qu’elle emporte l’obligation, si on ne l’obtient pas, d‘abandonner les premières où politiquement une présence ne se justifie plus.

Aucun des présidents de l’Assemblée nationale que j’ai connus depuis qu’il y a près de cinquante ans j’ai mis les pieds au Parlement, n’aurait agi autrement s’il s’était mis dans une telle situation d’échec.

Claude Bartolone doit être clair, ce qui pourrait d’ailleurs le servir, s’il annonçait que si naturellement il n’était pas élu, il ne reparaîtrait plus au perchoir de l’Assemblée nationale.

Il devrait le faire ! Un Romain le ferait !

Jacques Limouzy
Ancien ministre
Membre honoraire du Parlement