En France, l’Islam sera Gallican ou il ne le sera pas

L’impossible recherche à laquelle se livre le Président à propos de l’Islam deviendrait plus claire si l’on admettait enfin que la loi de 1905 de Séparation des Eglises et de l’Etat n’est faite que pour les religions judéo-chrétiennes et pas pour d’autres.

Le christianisme est la seule religion qui n’ait pas prétendu que le Droit dépendait d’elle, écrivait Fustel de Coulanges bien avant 1905.

Au contraire, l’Islam depuis Mahomet a toujours confondu le civil et le religieux.

Les églises visées par la Loi de 1905 ont parfaitement survécu avec leurs cultes alors que l’Islam dans sa pureté originelle est un code civil et une loi pénale réglant : la condition de chacun, l’assujettissement des femmes, la vêture, le boire, le manger, la guerre et la paix, le statut des croyants et celui des infidèles, le présent comme l’avenir.

Il s’agit donc bien, selon Fustel de Coulanges, d’une religion qui prétend que le Droit dépend d’elle.

D’où la difficulté d’insérer l’Islam dans une laïcisation de type occidental, ce serait lui demander de ne plus exister. La main de fer de Mustapha Khemal n’y parvint qu’un moment et nous voyons bien qu’en Turquie tout est à nouveau à refaire.

Il faut se rendre à l’évidence, l’existence d’un Islam totalement laïque ne se conçoit qu’en lui demandant de perdre son âme.

Ceci pour dire que pour exister en France, l’Islam, loin d’être séparé de l’Etat, doit entreprendre une longue cure de Gallicanisme.

Jacques Limouzy