Est-ce une répétition générale ?

Ce combat singulier, ce duel auquel ont adhéré les Français s’est terminé comme en sport, à quelques secondes. Le Président n’a pas gagné mais tout montre qu’il n’a pas perdu non plus et que tout l’autorise à continuer.

Qui a perdu alors ?

Jean-Luc Mélenchon parce qu’il se croit toujours à la tête de diversités d’une gauche qui n’existe plus.

Laurent Wauquiez qui devrait savoir que sa formation et ses antériorités depuis le RPR ont toujours perdu les élections européennes depuis qu’elles existent.

Laurent Wauquiez bien sûr se prépare un destin de bouc émissaire mais il n’est pas sans excuses. Face à un Gouvernement de centre-droit peuplé de ministres issus des Républicains au premier rang desquels le premier ; face à des ponts avec le Président établis hier par Alain Juppé et aujourd’hui par Jean-Pierre Raffarin.

Il reste que le Président Macron transforme cet essai beaucoup mieux que son parti à qui il a donné une tête de liste inexistante et insusceptible d’effacer son image.

«En Marche» est maintenant face aux municipales, aux départementales, aux régionales et aux sénatoriales.

«En Marche» se souviendra que la droite gaulliste en 1958 a mis plus de 40 ans à remplacer territorialement la précédente.

«En Marche» n’avancera qu’en se droitisant et surtout en restant au contact de la province et des scrutins territoriaux ; cette âme purificatrice n’avait fait son succès que lorsqu’il y avait un homme pour la conduire.

Il leur reste à apprendre que la vie politique n’est pas une bergerie et que pour gagner, il faut souvent réunir des adversaires qui sont proches et des amis qui sont différents.

La démocratie sans idéologies est un pragmatisme de la conduite des peuples et des collectivités : la politique est un art d’application dont on ne peut se passer.

 

On a dit que ce scrutin était le troisième tour des élections présidentielles, je crois plutôt qu’il s’agit de la répétition générale du second tour de l’élection présidentielle de 2022.

Que cette stratégie politique soit celle d’Emmanuel Macron, on ne peut en douter, il y a des septennats de quatorze ans, il peut bien y avoir des quinquennats de dix.

Comme je l’ai dit plus haut, les étapes électorales à franchir seront redoutables car elles ont pour habitude de ne pas ressembler aux européennes et peuvent montrer que si la réélection de Monsieur Macron est prévisible, elle n’est pas nécessairement inévitable.

Car dès aujourd’hui, il lui appartient d’entretenir le haut niveau de crédibilité de l’adversaire qu’il a choisi.

Jacques Limouzy