Être de droite

Bernard Carayon et Laurent Wauquiez à Lavaur, le 6 octobre dernier. Devant plus de 400 personnes, ce dernier a déclaré : « Je suis ici parce que j’aime ce que représente Bernard Carayon. Une droite qui a du caractère, des valeurs ».

Le 6 octobre dernier, Bernard Carayon, ancien député (LR) et maire de Lavaur, accueillait Laurent Wauquiez dans sa ville. Nous reviendrons la semaine prochaine sur les élections internes des Républicains. Nous publions cette semaine un extrait du discours de Bernard Carayon qui trace les contours de ce qu’être de droite signifie pour lui. (R.A.)

J’entends les macronistes nous dire que la droite et la gauche, c’est fini, tout en prétextant être « à la fois » de droite et de gauche. Ils ont une belle clientèle : les déçus de chaque camp ; et ceux qui n’ont ni convictions, ni références culturelles.

Je connais un peu l’histoire de mon pays. Je sais qu’il y a eu des chassés croisés : le sentiment patriotique anime plutôt en 1871 les communards que les Versaillais. Les communistes l’abandonnent quand Staline et Hitler s’entendent en 1939 sur le dos des démocraties.

L’écologie nait chez les monarchistes du siècle précédent, et le libéralisme à gauche, à la fin du XIXe siècle. L’antisémitisme, il est partagé d’abord par la gauche révolutionnaire et par Jaurès. La colonisation ? C’est Jules Ferry.

Mais il y a, en politique, comme au rugby, des fondamentaux.

La droite, c’est le respect de l’héritage : ce n’est pas la table rase des révolutionnaires. L’histoire, c’est pour nous un patrimoine naturel.

La droite, c’est un patriotisme adossé à la force de l’État. Parce que l’État en 1 000 ans a construit la Nation et qu’il en a été la colonne vertébrale.

« La droite, ce n’est pas une philosophie matérialiste au nom de laquelle les comportements humains seraient dictés par la classe ou par la race. La droite, c’est la confiance dans la responsabilité et la dignité de la personne humaine » Bernard Carayon

[…] La droite, ce n’est pas une philosophie matérialiste au nom de laquelle les comportements humains seraient dictés par la classe ou par la race. La droite, c’est la confiance dans la responsabilité et la dignité de la personne humaine.

Un délinquant, pour nous, doit être jugé sur ce qu’il a fait et non sur ce qu’il est, quand l’esprit de gauche cherchera l’absolution ou l’excuse au nom de 1 000 considérations sociales.

La droite, c’est le respect du travail. La gauche, c’est l’entretien de l’assistance dans le confort de la dépense publique, l’excitation des haines sociales dans l’entreprise, la revendication permanente de la réduction du temps de travail, comme si celui-ci était une malédiction !

La droite, c’est l’impôt minimum pour donner à chacun l’envie de travailler, d’épargner, d’investir, de transmettre. Pour la gauche, l’impôt est un outil de nivellement de différences, même quand elles sont produites par le talent et par l’effort.

La droite, ce n’est pas l’Europe technocratique de Bruxelles, ouverte et offerte aux prédateurs financiers comme aux migrants économiques du monde entier.

La droite, c’est l’esprit de liberté : la liberté d’expression face aux autorités morales qui cadenassent les mots et les débats. La liberté d’affirmer son identité, parce que c’est la nôtre, et parce qu’elle est porteuse de paix civile.

La droite, enfin, ce sont ces valeurs issues du fond de nos terroirs : la dignité et le sens de l’honneur. La dignité des travailleurs, la dignité des honnêtes gens auxquels on ne s’adresse pas en les traitant d’« illettrées » comme les ouvrières bretonnes de Gad, d’« alcooliques » comme nos cousins du Nord, de « fainéants » ou de fouteurs de « bordel ».

[…] C’est évidemment dans l’héritage gaulliste qu’il faut rechercher la force et les idées pour demain. Le gaullisme n’est pas le passé, ni une nostalgie : c’est l’âme de la France éternelle. L’âme d’une France rebelle qui sait parler au monde en restant elle-même.

Bernard Carayon