Europe : Les sirènes de la sécession

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Tout grand ensemble politique en cours de constitution doit passer par l’interrogation de la sécession. Il en était ainsi pour les Etats-Unis et ce fut la guerre. En Europe, ce ne sera pas la guerre mais ce qui y ressemble le plus.

L’Europe est un promontoire déchiqueté de l’Asie où des populations dont l’origine se perd ont subi les apports successifs de hordes venues d’Asie qui arrivées devant l’Atlantique stoppèrent leur mouvance pour adopter un destin sédentaire.

Les géographes la tracèrent et elle fut bien celle que de Gaulle cita : l’Europe de l’Atlantique à l’Oural.

La Grèce y inventa la Cité, Rome l’Etat et plus tard la France la Nation. Elle fut l’enveloppe du monde chrétien, l’assise de l’humanisme, le cadre de la première révolution industrielle ; elle exporta ses hommes et ses capitaux pour fonder les Etats-Unis d’Amérique.

Son colonialisme exploita le monde mais aussi le civilisa et elle acquit au début du XXème siècle une puissance planétaire.

Bien qu’elle soit restée une sorte de ring où s’exprimaient successivement dominatrices : l’Espagne, l’Angleterre, la France ou l’Allemagne.

On y comptait les guerres par leur durée : cent ans, trente ans, sept ans.

Il fallut les deux dernières guerres mondiales pour qu’en 1945, ayant touché le fond de la division et du malheur, l’Europe se découvre comme une nécessité.

Les temps de la guerre froide conduisirent à des affrontements bipolaires qui firent de l’Europe un moyen plus qu’un acteur.

C’est la nécessité d’exister après celle de ne plus se combattre qui conduit l’Europe à se chercher.

Le développement de cet ensemble semble stoppé, les raisons qui l’ont fait naître s’effacent sans être remplacées par des objectifs de même densité. L’interrogation va jusqu’à l’éventuelle sécession. Pourquoi pas ? D’autres sont passés par là comme les Etats-Unis.

Les solutions à envisager ne peuvent s’établir qu’à partir de l’analyse sans concession de la dramatique situation actuelle.

L’Europe qui a tout inventé ne propose pas d’avenir à la dimension de son passé.

Elle est devenue une grosse administration de blocage et de tatillonage destinés à rendre les européens identiques.

Cette lourde administration est aussi un club où de trop nombreux Etats ne sont là que pour toucher en monnaie un jeton de présence à défaut d’autre participation.

Jacques Limouzy

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