Extrait #4 – « La France n’est pas une race. Dès les origines, c’est une nation »

En 2016, Jacques Limouzy publiait chez Privat un livre très consistant : La nation française. Roman d’aventure et d’amour. Considérant la tonalité de la campagne électorale qui démarre pour la future élection présidentielle, ce livre reste éminemment d’actualité. Son écriture a nourri une discussion entre l’auteur et Richard Amalvy.

Depuis longtemps j’étais visité par le désir d’écrire sur mon pays.

J’avais eu l’occasion de le faire depuis des années. Je me consacrai donc à réunir des feuilles éparses et à en faire l’histoire de mon pays c’est-à-dire de la Nation française.

Je ne suis pas historien, je n’en ai ni les capacités ni la patience, je suis un conteur !

C’est-à-dire que je m’exprime ou j’écris avec ce que j’ai pu lire, connaître, entendre et même imaginer au cours d’une vie déjà longue, sur l’extraordinaire aventure conduite par mon pays depuis plus de deux mille ans.

Il n’y a pas de sujet plus exaltant que celui qui conduit à parler de la France. Aucune nation n’a couru tant de risques, n’a surmonté tant d’événements dont elle a dû renaître, sans rien perdre d’elle-même depuis les profondeurs de l’adversité.

Aussi loin que remontent les souvenirs, soit sur ses frontières mouvantes, soit au service de Dieu, soit au-delà des mers, soit quand ses fils s’entretuaient au nom de passions sans pardon, la France fut pour ainsi dire toujours au combat.

Aucun peuple ne peut présenter à la face d’un monde souvent plus récent que lui, une histoire aussi longue, aussi dramatique, où les réveils spectaculaires peuvent faire croire qu’elle ne se terminera jamais.

Car quelles que soient les menaces qui pèsent sur son identité et son avenir, tout fait penser que ce roman d’aventures qui illustre l’histoire du Monde n’est pas terminé et que l’épilogue de la plus vieille des Nations ne peut encore s’inscrire, puisque son peuple garde encore dans ses profondeurs les capacités qui, une fois de plus, peuvent lui permettre d’une manière ou d’une autre d’étonner l’Univers.

Si cette histoire, depuis ses origines, peut emprunter le merveilleux d’un conte, elle doit commencer très loin, aux époques incertaines où elle s’inscrivait déjà sur le sol d’une terre encore sans hommes.

Car pendant la quasi-totalité de son parcours, la terre a existé sans l’homme depuis les cinq milliards d’années que lui prêtent des études incertaines. Elle était, nous disent-elles, un nuage d’hydrogène solidifié devenu minéral et rocheux. Mais une telle affirmation est, autant que celle des savants, celle des rêveurs et des poètes.

D’ailleurs, toute autre définition pouvait-elle compter pour ce morceau de matière introuvable parce qu’imperceptible dans l’univers sidéral ?

La Terre n’est après tout que l’une des neuf planètes qui escortent le Soleil qui lui-même n’est que l’une des millions d’étoiles de notre galaxie, et cette galaxie n’est pas la seule, il y en a des millions d’autres dépendant d’autres hiérarchies qui vont sans épuiser leur succession jusqu’aux extrémités de l’univers dont il est plus raisonnable de croire qu’elles n’existent pas.

Depuis que la bulle d’hydrogène s’est solidifiée, la Terre a parcouru d’immenses tragédies physiques dont la rapidité surprend, encore que la moindre d’entre-elles se compte en centaines ou en milliers de millénaires.

C’est dire que la place de la vie et de l’Homme est imperceptible sur un parcours aussi grand. Si notre terre était comprimée en vingt-quatre heures, l’homme depuis son arrivée en serait à vivre sa dixième seconde.

Mais depuis leurs récentes survenances, la Vie d’abord et l’Homme ensuite se sont séparés de la planète qui les porte, se mettant aux ordres de l’évolution, que les tragédies minérales et rocheuses ne connaissaient pas.

L’évolution créatrice qui permit à la Vie en se ramifiant et en se complexifiant de faire apparaître le phénomène humain, l‘a rendu ici, là ou ailleurs porteur d’inévitables diversités.

Peut-être les premiers des hommes, du moins les premiers des primates qui méritèrent ce nom pour la première fois, bien que séparés par des distances qu’ils ne couvriraient jamais, ignorants que leurs semblables pouvaient exister ailleurs, soumis à des conditions de vie implacables dans des territoires aux infranchissables limites, n’ayant comme organisation sociale que la tribu, héritière de la meute et de la horde des animaux, peut-être donc sur un ou deux millions d’années se sont dégagées des caractères physiques et mentaux pour des groupes devenus nombreux mais qui ne communiquaient pas.

Peut-être, en effet y a-t-il eu des races ?

Mais lorsqu’après un si long parcours, les occupants de la planète se présentèrent les uns après les autres à l’aube de l’Histoire, ce fut dans le plus grand désordre car ils étaient déjà différents.

Ils étaient devenus des peuples prêts à se combattre, à se dominer, à disparaître, à se comprendre ou à s’unir.

Plus que d’autres peuples, une diversité originelle a débarrassé la France de l’hypothèque raciale car depuis l’aube de son parcours, dissipant les brumes de l’Histoire, porteuse d’échecs et de victoires, d’occasionnel et de définitif, elle apparaît capable de faire que les desseins d’un grand peuple se constituent en destin national.

Ce simple livre est un parcours rapide, anecdotique, parfois initiatique de la naissance d’un peuple qui ne fut jamais comme les autres puisqu’il devait devenir le premier une Nation.

Car si la Grèce inventa la Cité et si Rome créa l’État, la France devait révéler à l’attention du monde, par la conviction et par l’exemple, la réalité incontournable de la Nation.

La France était semble-t-il prédestinée à cette tâche depuis que se précisaient dans la nuit de ses origines les éventualités propres à en faire apparaître la nécessité.

Ce fut donc chez Privat que je publiai, en 2016, La Nation française, roman d’aventures et d’amour. Richard Amalvy devait présenter cet ouvrage comme les considérations d’un homme politique « connu pour son œcuménisme visionnaire » :

« Vivifiant, anecdotique, l’auteur se sépare avec allégresse de la mélancolie d’Éric Zemmour et du désespoir d’Alain Finkielkraut.

 C’est pourquoi depuis les épisodes fondateurs, le regard de l’auteur pénètre les débats actuels sur les institutions, l’identité, les religions, l’éducation, l’écologie et l’Europe.

 Jacques Limouzy considère enfin que dès son origine, la France a été débarrassée de l’hypothèque raciale pour devenir une Nation. Cette seule idée montre comment aborder la politique de manière confiante si l’on fait une lecture sereine de l’Histoire ».

 Jacques Limouzy

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