Faudrait-il mourir plus tôt ?

La santé en France connait des complications notoires et des imprécateurs injustes.

Il m’empêche qu’elle est le meilleur système de santé du monde vu ses résultats européens sur la longévité de la vie.

C’est ainsi, que pourvue aujourd’hui de 15 à 20.000 centenaires, elle en fournira 200.000 dans 20 ans.

Ces résultats que l’on croit brillants sont une calamité pour les systèmes de retraite.

Le système de répartition est simple : ceux qui travaillent doivent entretenir ceux qui ne travaillent plus.

Les paramètres sont donc la cotisation, la durée de cotisation et un âge indicateur du départ à la retraite. Quant à la durée de la retraite, elle ne dépend pas des hommes, ni des lois mais s’exprime par moyennes statistiques. Or, depuis trente ans, des éléments perturbateurs se sont acharnés pour détruire l’avenir d’un équilibre déjà fragile.

Les décisions qui ont conduit le chiffre de 65 ans -qui était celui du régime général-, à descendre vers les 60, alors que certains de nos voisins européens allaient de 65 vers les 69 sont une raison majeure de désordre.

Les 35 heures n’ont rien amélioré en cotisations (Moins d’heures travaillées = moins de cotisations). D’autant que pour s’en débarrasser, on finit par exonérer les heures supplémentaires de cotisations.

Monsieur Attali avait bien prévenu François Mitterrand du trop grand nombre de personnes âgées.

Michel Rocard avait fait faire un livre sur les retraites en indiquant les recettes dont personne n’avait usé.

Alain Juppé avait tenté le diable en s’en prenant aux réalités et provoqua une contestation générale de plusieurs semaines.

La malheureuse Nicole Notat, alors secrétaire générale de la CFDT qui lui avait montré quelques compréhensions, fut surnommée « la pute à Juppé » par les militants de la CGT et sa voiture fut démantibulée. D’autres s’y sont risqués mais partiellement.

Il faudra bien sortir des 41 systèmes de retraite. Certains vont vers l’abîme, la clarté n’est nulle part. Enfin, l’archaïsme de certaines situations date du cœur du 19ème siècle où l’on partait à 50 ans parce que la moitié étaient morts.

Aujourd’hui à 53 ans, on n’entre plus dans l’antichambre de la mort mais dans l’aube de la maturité.

Jacques Limouzy