Faut-il guillotiner Charles Pasqua ?

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Mon Oncle,

Dans la presse, à la radio, à la télévision, ce ne sont, depuis quelques jours, qu’exhortations et incantations qui font grimper les sycophantes aux minarets contre un certain Charles Pasqua que l’on croyait, jusqu’ici, bien utile.

Monsieur Jospin, lui-même, se déclare déçu, ajoutant même avoir cru, un moment, que Monsieur Pasqua s’était amélioré.

Sujet de déception pour Monsieur Jospin, voilà que Monsieur Pasqua devient suspect pour la société médiatique qui entreprend de le mettre en examen sans complaisance.

Les plaignants sont nombreux, les parties civiles abondantes. Il fallait donc que ce procès soit instruit, que la cause soit entendue et le coupable puni.

Tout d’abord, on constata que l’intéressé avait rétabli dans le pays une certaine sécurité, qu’il avait rendu quelque confiance à la police et aux braves gens, qu’il avait imposé quelque prudence aux porteurs de bombes, qu’il avait établi quelques règles face aux émigrations abusives et qu’il avait tenté d’établir des rapports convenables entre l’Islam et la Nation.

Bien sûr, il avait expulsé ceux des imams complices du terrorisme ou prêchant la haine de la France mais en assurant aux autres la neutralité de la République.

Ce faisant, ce Monsieur Pasqua n’avait-il pas bousculé quelques droits et mis à mal la compassion de quelques bonnes âmes ? Il semblait donc que ces diverses initiatives de Monsieur Pasqua devaient s’étaler honteusement à son passif.

En outre, sensible aux idées et aux nécessités entrevues il y a plus de trente ans par la Vème République, Monsieur Pasqua, « Croisé » du développement et de l’équilibre territorial, avait fait voter par le Parlement un texte insolite établissant des répartitions plus justes entre la désertification des uns et la boulimie des autres.

Cette curiosité agressive, jaillie au milieu de la sieste nationale, qu’en ce domaine entretenait l’Etat depuis près de vingt ans, fut estimée intempestive venant de la part d’un homme tel que lui.

Monsieur Pasqua avait donc, dans cette affaire, joué hors jeu, et, cela lui fut aussi porté à son passif.

Tout cela paraissant encore insuffisant, l’attention se porta sur l’activité criminelle de l’accusé.

N’avait-il pas en plein été (ce qui est inadmissible) plus ou moins capturé le n°1 du terrorisme international, le nommé Carlos. Comment et par quels moyens, on n’en sut trop rien. Evidemment ce Monsieur Pasqua aurait dû exposer démocratiquement à la « Mutualité » comment il allait s’y prendre. Monsieur Pasqua ne le fit pas. Il devint donc suspect.

Peu avant, d’ailleurs, un dangereux forcené s’était emparé d’une école maternelle menaçant de tout faire sauter. L’intéressé, bardé d’explosifs devait à l’évidence être abattu. La décision fut prise, un grand soulagement s’en suivit. Un peu plus tard, une plainte fut enregistrée et une information fut ouverte pour savoir qui diable avait pu prendre une telle décision. Voilà Monsieur Pasqua soupçonné de crime.

Il y a quelques semaines, voilà qu’un commando terroriste s’installe de vive force dans l’avion Alger-Paris, tue deux passagers en guise d’introduction et mine l’avion. On en sort grâce au GIGN. Mais il avait fallu donner des ordres au sommet. Qu’aurait-on dit s’il y avait eu de nombreuses victimes ?

Certains nous ont dit depuis, que cela ne pouvait être porté à l’actif du Premier Ministre ou du Gouvernement, car on nous l’a bien expliqué, c’était un « miracle ».

Dans l’ordre politique enfin Monsieur Pasqua s’est rendu insupportable.

– Il souhaitait que des primaires désignent un seul candidat pour la Droite, quelle prétention !

– Il souhaita ensuite, que même sans primaires, il n’y ait qu’un candidat, quel abus !

Et depuis, il prétend donner la leçon à tout le monde, quel culot !

Aujourd’hui, Monsieur Pasqua refuse de se laisser faire. On lui monte un turbin en affaire d’Etat, il n’apprécie pas. Un second turbin suivra, peut-être un troisième?. Vraiment ce Monsieur Pasqua ne comprend pas, il ne comprendra jamais.

Voilà pourquoi certains zigotos de la presse et des médias détournent le peuple de la véritable information, voilà pourquoi ils instruisent une sorte de procès de sorcellerie sans grandeur, sans importance contre Charles Pasqua à partir de pets de lapins alors que, ne le répétez pas, il y a longtemps que les lapins ne pètent plus. En avez-vous d’ailleurs jamais entendus ?

Bien à vous, mon Oncle.

Innocent Patouillard