Frédéric Bardet chante des histoires aux enfants

Quand on demande à Frédéric Bardet s’il est chanteur, il répond que non, expliquant simplement qu’il aime chanter et qu’il aime faire chanter. En réalité, Frédéric est un conteur qui chante des histoires aux enfants, c’est ce que l’on découvre en écoutant son premier CD “Chante avec moi”, disponible dans les bacs de l’espace culturel Leclerc de Castres. Une idée de cadeau pour les touts petits.

Tout a commencé avec un harmonica, il devait avoir 5 ou 6 ans. Frédéric glisse ce petit instrument dans sa poche, un compagnon qui va lui permettre d’aiguiser son oreille musicale. Enfant, il est dans la classe de son père, instituteur qui anime ses cours en jouant de la guitare. À l’école Saint-Dominique de Labruguière, le chanteur à la mode est alors Raymond Fau, dont les refrains profanes et liturgiques sont repris par plusieurs générations de catholiques. Les ritournelles du chanteur globe-trotter lautrécois raconte le pays d’oc, le vent d’autan et le petit train de Lacaune qui “se promenait dans les genêts jaunes ”. Dans le panthéon musical de Frédéric s’ajoute les Frères Pradelles, prêtres jumeaux bien connus dans le Tarn et au sein du mouvement scout : ils sont auteurs, compositeurs et interprètes. Et c’est dans la variété française que Frédéric trouvera une autre filiation : Aznavour, Aufray, Lama.

Pour lui, la guitare viendra assez tard, à 19 ans. Comme d’autres troubadours en herbes, il apprend à plaquer des accords pour animer les veillées scoutes avec les copains comme professeurs de musique. Et, s’il s’obstine à ne pas vouloir être chanteur, notre conteur nous fait croire qu’il n’est pas musicien puisqu’il n’a pas appris la musique de manière académique. Autodidacte qui travaille “à l’oreille”, il n’en ai pas moins devenu un merveilleux mélodiste : ses refrains sont contagieux, il en faut un pour chasser l’autre.

Sa première chanson, “Petite chaussure”, il l’écrit en 1995 pendant un cours de psycho où il s’ennuie. C’est l’histoire d’un enfant qui aide sa chaussure à être lacée. Une véritable aventure matinale quand on commence à marcher. Il est alors étudiant à l’école d’éducateurs spécialisés de Clermont Ferrand. Il raconte : “c’était peut-être un exercice, j’ai mis trois accords dessus et cela a plu à toute la promo de mon école”. Il a mis la chanson de côté. Elle est ressortie 15 ans plus tard à Lacrouzette où il est éducateur de jeunes enfants et responsable d’une classe passerelle. En 2005, Frédéric compose “Mon doudou”, le tube que les marmots adorent. Ayant compris le rôle primordial de cet “objet transitionnel” rassurant et intime, il a donné aux enfants de quoi faire une déclaration d‘amour à la chose la plus improbable dont ils raffolent. Après ce premier succès, les enfants, les parents et les collègues ont réclamé d’autres chansons. Il y en a onze dans le premier CD sorti à la rentrée.

Son inspiration, Frédéric la trouve en observant ses enfants, il en a trois, et ceux avec lesquels il travaille. C’est en les accompagnant, en jouant avec eux, et pendant des activités d’éveil musical que les idées viennent. Ses chansons peuvent satisfaire les parents à cours de berceuse pour endormir leur rejeton insomniaque. Certains textes parlent d’amour et sont parfaites pour la fête des mères (“Pour toi maman”) et la fête des pères (“Chanson pour papa”). Mais Frédéric n’oublie pas son métier et assume le fait de porter un message éducatif aux enfants pour parler de nature (“ Papillon ”) et de respect des différences (“L’enfant sauvage”). En chantant avec Frédéric, on joue, on apprend, et on se fait des copains.

À bientôt quarante ans, il a réalisé l’impensable : produire un CD. Pour cela il fallait une rencontre. Ce sera Philippe Bonnafous, un compositeur narbonnais, fondateur du studio La Cabalette près de Cabanès (canton de Saint-Paul-Cap-de-Joux). Pianiste et chanteur, Philippe est aussi arrangeur. Il a pris les mélodies de Frédéric une par une pour les orchestrer et mettre des chœurs dessus. En février 2013, Frédéric s’enferme quelques jours dans le studio pour enregistrer les onze chansons de l’album, avec son épouse Caroline, ses trois enfants, des petits cousins et les enfants d’amis. Le résultant est réjouissant. Il suffit de voir un enfant écouter les chansons pour s’en persuader, si l’on n’est pas soi-même devenu accro à ses mélodies.

“Ce que j’aime c’est que les gens chantent. Tu chantes un refrain et les gens le reprennent”, explique Frédéric avec beaucoup de simplicité. Pour cela, il a conçu des spectacles qu’il propose aux crèches, aux écoles, aux centres de loisirs et même aux maisons de retraites, pensant à l’importance de l’intergénérationnel. Sa popularité ne fait que démarrer, mais le mois de décembre est déjà bien rempli pour ce conteur tendre comme un doudou.

Richard Amalvy

Pour contacter Frédéric Bardet
frederic.bardet@orange.fr
Téléphone : 06.74.84.67.10.