Génération identitaire

Nos cartes d’identité portent : « Nationalité Française ». Il y a donc une identité française et les jeunes de « Génération identitaire » ont raison d’en être fiers et de la défendre. Après avoir dissous plusieurs associations ayant des liens avec le terrorisme islamique, comme Baraka City ou le CCIF, le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin pense donner un gage d’impartialité et d’équilibre ( ?) en proposant la dissolution au caractère injuste et discrétionnaire de cette association de jeunes de droite chez qui l’on sent un usage ancien de la civilité et des vertus de l’éducation. On n’est pas dans le mouvement gauchiste des « Indigènes de la République », mais chez les Indigènes de France. Un détail ne nous échappe pas : si des islamistes commettent des attentats contre des Français, aucun « identitaire » n’a la moindre goutte de sang sur les mains. Ce désir d’équilibre hypocrite est un geste minable de politique politicienne, aussi ridicule que la comparaison faite par le député Coquerel entre la burqa et le voile de la mariée !

Mettre sur le même pied ceux qui souhaitent attaquer la France et ceux qui souhaitent la défendre, avec une opération pacifique de surcroît, est scandaleux. La mesure nous fait totalement quitter le terrain de la démocratie et de l’Etat de droit. « Le dossier de dissolution semble bien maigre malgré quelque vingt pages de griefs poussifs, exagérés et souvent inopérants » affirme Me Gilles-William Goldnadel, avocat de l’association. La justice a déjà par deux fois relaxé sur tous les chefs d’accusation ses membres pour leurs manifestations purement symboliques à Poitiers et dans les Alpes. Alors, pour frapper fort, le Parquet de Saint-Gaudens, sans crainte du ridicule, pour une présence pacifique de Génération Identitaire au col du Portillon le 19 janvier, a fait appel à l’Office central de lutte contre les crimes contre l’humanité, les crimes de guerre et les génocides. Rien que çà !

Affaire difficile. J’imagine mal le Siège accepter de se prêter à cette manœuvre grossière, sans fondement sérieux. Mais sait-on jamais, si la consigne vient d’en haut ? Gérald Darmanin offre à « Génération identitaire » une tribune (presque) parfaite et le statut de martyr victime de la censure politique… Si l’on en croit les enquêtes d’opinion, 78% des Français sont contre l’immigration subie et sont pour une immigration choisie, sans aller jusqu’à l’exigence d’un arrêt total, naguère préconisé par Georges Marchais lui-même, secrétaire fédéral du Parti communiste. 55% des Français sont contre le droit du sol et 58% pour l’abrogation du regroupement familial. Si l’on dissout ceux qui s’élèvent contre l’immigration illégale et massive, il faut donc dissoudre le peuple français. Sinon, comment remédier à une situation qui voit un pays favoriser tout ce qui le détruit, privilégier ses ennemis et disqualifier ses défenseurs, un pays touché par de nombreux virus, mais qui tue ses anticorps au lieu de les protéger ?

Défendre l’identité française n’est, jusqu’à preuve du contraire, pas un crime. C’est, plutôt,  une fierté que l’on devrait tous mettre en avant. L’on peut déplorer que le gouvernement fasse une priorité de dissoudre les patriotes identitaires et que, dans son avancée « à la godille » (il est vrai, c’est la technique du « en même temps »), la Ministre de l’Enseignement supérieur demande une enquête dans les Universités pour lutter contre l’islamo-gauchisme !

Cette dissolution proposée marque un peu plus la Macronie pour ce qu’elle est en train de devenir, pouvoir partial, sectaire et ne supportant plus la liberté de penser différemment, surtout chez ceux qui aiment la France et son identité, liée à son Histoire et à sa culture. Mais « il n’y a pas de culture française » a dit un jour Emmanuel Macron !

Cette majorité nous rappelle sans cesse aux « valeurs de la République ». Un concept nébuleux ? La coïncidence veut qu’au moment où l’on développe ce problème posé par Génération Identitaire, le Parlement, lui, débat sur la loi sur le séparatisme, au titre lâchement édulcoré en projet « confortant les principes républicains ». Si l’on faisait preuve de mauvais esprit (que Dieu nous garde !) ajouterions-nous : « de quelle République parlons-nous ? » Nous en sommes, chez-nous, à la Cinquième ! Et il y a aussi la République démocratique de la Corée du Nord ou la République islamique d’Iran ! Nous imaginons qu’il ne s’agit pas de la même chose.

Au-dessus de la République, qui n’est qu’une forme de gouvernement comme une autre, il y a des objectifs encore plus nobles : la France, la Nation, la Patrie… Ces termes brûlent la langue des tenants de la mondialisation. En juillet 1970, le baron Edmond de Rothschild écrivait, dans le n° 775 de L’entreprise : « Le dernier verrou qu’il faut faire sauter, c’est la Nation ». En 2021, plus de cinquante ans après, Emmanuel Macron, ancien employé de la Banque Rothschild, mettrait-il la dernière main à cette destruction ?

Pierre Nespoulous