Grand âge : « Prendre soin de » doit être une réalité selon Christophe Ramond

Le Département est un acteur clé en matière d’action sociale et de solidarité de proximité.

Parmi ces actions, l’aide à domicile permet de soulager les personnes âgées vulnérables et de répondre à une demande de la société : vivre à domicile le plus longtemps possible.

Le respect de la volonté et du parcours de vie des personnes les plus vulnérables est une exigence structurante pour tous. C’est aussi le sens de l’action politique et de la « visée juste» selon le philosophe Paul Ricoeur.

Pour préserver au maximum, et le plus longtemps possible, l’autonomie des personnes, la relation d’aide à domicile suppose de « faire avec » plutôt que « de faire à la place ».

Le Conseil départemental du Tarn propose des mesures innovantes en plus de l’allocation personnalisée d’autonomie (APA) soit 52 millions € annuels. Notamment des dispositifs de prévention en matière de santé et de sport santé avec :

  • La Conférence des Financeurs pour prévenir la perte d’autonomie,
  • la création d’habitats partagés et d’un label qualitatif, des colocations pour seniors ou encore l’ouverture de places en résidence autonomie,
  • l’expérimentation de Tarn autonomie en collaboration avec le service de la Poste,
  • la mise en place prochainement d’habitats inclusifs, des actions pour les aidants, en faveur des EHPAD, pour leur modernisation,
  • une réflexion est menée pour permettre la mise en place innovante d’un « EHPAD hors les murs », un dispositif mixte entre l’accueil en établissement et le maintien à domicile.

De leur côté, les professionnels du secteur de l’aide à domicile font un travail remarquable qui ne leur permet pas forcément de gagner leur vie dignement. La profession peine aussi à recruter.

Faute d’une loi consacrée à l’autonomie, le gouvernement a donné des gages à travers le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS). Parmi ces mesures, la prise en compte du maintien à domicile et des conséquences de l’avenant 43.

Le Premier ministre évoque une enveloppe de 240 millions d’€ apportée par l’Etat, mais il ne précise pas si c’est pour atteindre ce tarif socle ou pour aider les Départements à financer les conséquences de la mise en place de l’avenant 43.

Jusqu’à maintenant tous les Départements ne finançaient pas à la même hauteur les heures effectuées par des aides à domicile. La moyenne est de 19,33 € d’après une étude de janvier 2020 de la Fédération française des services à la personne et de proximité. Pour le Tarn, le tarif appliqué est de 23 €. Le surcoût net de cet avenant est évalué pour le Département du Tarn à 6 millions d’€.

Bien évidemment, nous assumerons les conséquences issues de l’avenant 43.

Toute ambition de renforcer le droit des aînés va dans le bon sens mais on ne peut s’abstenir de la prise en compte de leur financement.

Il est important de construire le juste accompagnement des personnes les plus vulnérables en tenant compte du présent et en imaginant l’avenir.

C’est une exigence et un défi qui pour moi a du sens. Voilà pourquoi, Il faut un véritable plan d’ensemble sur le Grand âge.

Il est essentiel de repenser les missions des professionnels du social, du sanitaire autour de référentiels communs qui déclineraient les principes de vivre-ensemble autour du soin et de l’éthique.

Nous savons travailler en complémentarité avec l’Etat. Ayons confiance dans la capacité d’agir des collectivités.

« Prendre soin de », doit être une réalité de la future Loi Grand âge. La prochaine loi doit s’emparer de ces sujets.

Ces nouvelles mesures gouvernementales ne doivent pas être « qu’un supplément d’âme » pour se donner bonne conscience, la question des moyens alloués aux Départements pour y arriver est capitale !

Christophe Ramond, Président du Conseil départemental du Tarn