Grippeminaud et Raminagrobis

Ni à droite, ni à gauche, par conséquent vêtu d’un manteau d’Arlequin, gérant d’une auberge espagnole où chacun peut venir avec ce qu’il a, sauveur des causes désespérées, pourvoyeur d’avenir à la carte pour tous, répondant à tout mais surtout à n’importe quoi et détenteur de quelque pierre philosophale, tel est Grippeminaud le bon apôtre alias Emmanuel Macron.

Brillant élève des pères jésuites d’Amiens, traversant l’ENA puis l’Inspection des finances pour devenir associé-gérant chez MM de Rothschild, Emmanuel Macron fut distingué par le souverain dont il devint le conseiller, le confident enfin le Ministre, avant de céder à cette geste rituelle des drames d’autrefois puisqu’il n’hésita pas à participer à ces complots de cour qui se proposent de mettre un terme au parcours d’un prince devenu inutile.

Cette carrière sans faute n’était qu’apparemment solitaire car à l’autre extrémité de l’horizon un autre destin était en marche. C’était celui d’un rassembleur des aventures interrompues, des passés déchirés, de politiques éclatées dont Jean-Luc Mélenchon attendait une rédemption compilatoire.

Ce personnage romanesque, doué d’un talent certain, cultivait des antériorités prestigieuses, comme cette constitution jacobine qu’on n’appliqua pas, comme le souvenir de cette révolution d’ouvriers et de poètes que fut 1848, celui de la Commune, celui de ce grand Parti communiste français dont il souhaitait recevoir les débris.

La diversité historique du socialisme français permettait à Jean-Luc Mélenchon de s’ériger en statue de commandeur d’une gauche qui n’existait pas sinon en rassemblant les microcosmes dont elle fut toujours encombrée.

Ce n’est pas Grippeminaud, c’est Raminagrobis !

Mais entre ces deux félins se dresse une montagne dont la gésine douloureuse donnera naissance fin janvier à une souris don’t ils ne vont pas manquer de s’amuser !

Jacques Limouzy