Hommage : Bernard Lesauvage, une vie vouée au sport et à la cité

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À l’évocation de son nom à Castres, il n’est pas rare d’entendre dire : « C’est lui qui m’a appris à nager ». On ne pourra jamais compter le nombre d’enfants qui ont découvert la natation grâce à ses leçons. Figure de la piscine Villegoudou et de celle de Bisséous, légende du Sauvetage nautique castrais, entraîneur et dirigeant de la Fédération nationale de sauvetage et de secourisme, plongeur aguerri, l’insubmersible Bernard Lesauvage a quitté les siens, le 18 mai dernier, à l’âge de 85 ans.

Monté sur ressort, il incarnait le mouvement permanent et fût à l’origine d’associations et d’événements sportifs éloignés des bassins : co-fondateur et organisateur général de la Ronde givrée du Sidobre, co-fondateur et professeur de judo à l’Eidokan de Castres avec le docteur Lamon, moniteur de ski, co-fondateur et administrateur de Castres Roller, président du Castres Hockey Club… C’est avec ce club, d’ailleurs, qu’il entretint aussi sa passion pour le patinage, le nouveau sport auquel il s’adonna après que la ville ait inauguré la piscine-patinoire dont il fut le directeur adjoint jusqu’à sa retraite.

Les gens qui marquent sont des personnes de caractère, et Bernard Lesauvage n’en manquait pas. Rigoureux à l’entraînement et en amitié, il avait la sévérité cordiale et l’on écoutait sans broncher ses conseils avisés, affables mais définitifs. Je fais partie de ceux qui prenait du plaisir à aller le voir, avec son fils Max, pour prendre tout à la fois l’apéritif et de bonnes remontées de brettelles. Et comme la scène ne manquait pas d’humour et de clémence, on y revenait, que ce soit à Lameilhé et parfois au Grau d’Agde, où il aimait naviguer.

Ancien menuisier à l’usine de meuble Fabriès et ancien combattant AFN, il a voué sa vie au sport, en a fait son métier, et l’a placé au cœur de son aventure familiale : avec son épouse Angèle Romero, également maître-nageur, ils ont fondé une fratrie de sportifs dont la vocation est aussi de transmettre, car l’exemple était à la maison.

Il a donc beaucoup donné. Ses amis, qui l’appelaient « le petit », plaisantaient ainsi de sa taille mais reconnaissaient son immense stature sportive et morale : un héraut de l’éducation populaire. Il n’y a pas de médailles assez juste pour récompenser une vie si intense au service de la cité.

À Angèle son épouse, à ses enfants Max, Érick et Corinne, à ses petits-enfants et à toute sa famille, nous redisons toute notre amitié.

Richard Amalvy