Hommage : Michel Maurel, un éternel jeune homme

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Ancien président de la Chambre de commerce et d’industrie du Tarn, Michel Maurel a quitté les siens le 30 juin dernier. Il avait 75 ans. Cette disparition soudaine a très justement ému ses proches, ses amis, et la communauté économique régionale. Notre hommage, par Richard Amalvy.

Il est toujours bon de définir une personne par ce qu’elle fait plutôt que par ce qu’elle dit, car c’est dans la vérité de l’action que l’on reconnaît ce qu’elle est vraiment.

Il y a ceux que l’on a toujours plaisir à voir, parce qu’ils inspirent la sympathie, la confiance et la bonne humeur. Michel Maurel en faisait partie. Même lors d’un échange bref dans la rue – car par ses longues jambes il avait le pas rapide – il prenait le temps d’une vraie poignée de main, généreuse, et d’un sourire qui montrait sa bonne disposition. Quand il avait le temps, il pouvait passer d’une discussion sur un sujet qui lui tenait à cœur concernant le développement local (l’aéroport de Castres-Mazamet par exemple), à des anecdotes racontées avec entrain. Des histoires glanées en observant depuis longtemps la vie quotidienne, qui montrent l’attachement que l’on a pour son prochain. Cette cordialité ne laissait jamais indifférent.

Entrepreneur dans le secteur automobile, Michel Maurel a transformé l’ancienne concession familiale Peugeot de Castres, en un groupe multimarques implanté dans plusieurs départements de la région. Véritable développeur dans son métier, c’est dans le cadre consulaire qu’il a offert son talent de rassembleur. Tout d’abord à la Chambre de Commerce et d’Industrie de Castres, dont il devint membre en 1974 et qu’il présida de 1995 à 2000. Il la fusionna avec celle de Mazamet en 2001 et la conduisit, en 2011, à s’allier avec celle d’Albi-Carmaux-Gaillac. Bien entendu, il dirigea ce nouvel ensemble. Il fallait de l’audace et une grande capacité à convaincre pour y parvenir, surtout dans un département qui aime cultiver les oppositions territoriales. D’ailleurs, quand il prenait la parole en public, ses bras semblaient appeler à se réunir. Ayant réussi ces engagements, et connaissant bien les problématiques qui y sont débattues, il était naturel qu’il rejoigne le Conseil économique social et environnemental régional, pour y apporter son expérience.

Michel Maurel, c’était aussi une allure et un charisme. Un mot résume cela : l’élégance. Vestimentaire tout d’abord, car il était fringant comme un jeune premier. Une anecdote : il y a plusieurs années, c’est en voyant à ses pieds des Church’s Westbury marron que j’ai abandonné le modèle noir, trop sacerdotal ! Je le lui ai raconté l’an passé. Il a rit. Mais son élégance était surtout morale, toujours d’égale humeur et humble avec le client, l’homme de la rue, les représentants des pouvoirs publics, ses collaborateurs.

Cet homme cordial, engagé et charismatique aura fortement marqué de son empreinte la vie économique de notre région. Il n’avait pas vraiment 75 ans : c’était un jeune homme plein d’enthousiasme, et ainsi j’en garderai le souvenir.

La Semaine de Castres adresse ses sincères condoléances à ses fils Christophe et Frédéric, à son frère Jean et à sa compagne Carole. Nous leur redisons toute notre amitié.

Richard Amalvy