Jacques Chirac

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Jacques Chirac, avec Jacques Limouzy, lors de la campagne présidentielle de 1988. L’ancien député-maire de Castres était alors co-président du comité de soutien régional à Jacques Chirac, avec Michèle Barzach. Secrétaires d’État dans le gouvernement Chaban-Delmas en 1969, ils étaient issus tous les deux de l’ENA (Promotion "Vauban" pour Jacques Chirac et Promotion "18 Juin" pour Jacques Limouzy).

Il avait été élu en Corrèze en mars 1967 et moi dans le Tarn le même jour.

Depuis 52 ans, nous nous sommes rarement perdus de vue soit quand nous étions d’accord, le plus souvent, soit quand nous ne l’étions pas car j’avais été le Secrétaire d’Etat de Chaban-Delmas mais aussi celui de Raymond Barre et donc de Giscard.

Il était souvent venu dans le Tarn, soit comme Président de la république, soit comme Premier ministre, soit comme chef du RPR. A Lacrouzette, à Montredon-Labessonnié, à Mazamet et bien sûr à Castres. Il avait inauguré la bibliothèque de Castres alors qu’il avait dans la poche sa démission de Premier ministre auprès du Président Giscard d’Estaing. Toute la presse nationale était là car certains s’en doutaient.

Il m’avait approuvé seul de son Gouvernement lorsque je décidais des élections partielles de 1975 où j’avais été réélu dès le premier tour.

On comprendra que nos deux carrières politiques se sont constamment croisées. La sienne prestigieuse, la mienne plus modeste mais toujours aussi longue ; l’une et l’autre parsemée de succès et quelques fois d’échecs.

Nous avons été l’un et l’autre des hommes du temps long celui qui rend l’histoire contemporaine plus courte.

Nous étions des hommes de la Vème République créée par de Gaulle et confirmée pendant 14 ans par François Mitterrand qui, parvenu au sommet, n’y changea pas un iota.

Maintenant qu’il n’est plus et qu’il nous a quittés politiquement il y a seulement douze ans, j’observe qu’il a fallu trois présidents pour parcourir un temps court ce qui montre à l’évidence qu’il n’y a pas de destin politique sans un temps long.

Jacques Limouzy

J’ai demandé à mon ami Richard Amalvy qui fut mon collaborateur d’évoquer le souvenir de Jacques Chirac : Nous l’appelions « le Grand »