J’y suis, j’y reste !

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Le Président Macron veut gagner ou faire gagner les élections européennes.

Il n’y a là rien que de très naturel mais pour que le naturel soit possible, il faut une stratégie qui évite des propos singuliers et inappropriés avec lesquels un homme aussi doué illustre ses commentaires et l’on se demande pourquoi cette superbe intelligence se met à imiter l’un de ses prédécesseurs, Mac Mahon, qui a laissé des traces :

  • Que d’eau que d’eau et encore on ne voit que le dessus,
  • C’est vous le nègre et bien continuez,
  • La typhoïde est un mal redoutable, on en meurt ou on reste idiot : je le sais, je l’ai eue.

Un esprit aussi complet que celui d’Emmanuel Macron va-t-il prendre la suite de Mac-Mahon, Président de la République ?

C’est ainsi qu’il vient d’appeler l’entre-deux-guerres au secours de sa démonstration alors que rien n’est pourtant semblable.

On y voyait deux idéologies s’affronter : le communisme et le nazisme alors que la Troisième République s’effondrait.

Rien de semblable aujourd’hui : les communistes sont à 2 % d’électeurs, les électeurs de Marine Le Pen n’ont rien de commun avec les nazis et la Vème République n’a rien à voir avec le crépuscule de la Troisième.

Lorsque ceux d’entre nous, de moins en moins nombreux, qui ont connu sa fin dramatique auront disparu et qu’elle ne sera plus la jeunesse de personne, le temps sera venu de faire sans risques de  tels commentaires et de telles comparaisons.

Cher Président vous auriez pu songer qu’il y a bien longtemps le Saint-Empire romain germanique se prenait pour l’Europe avec ses grands électeurs et sa diète ambulante à Ratisbonne, à Frankfort et ailleurs. Y avez-vous songé ?

Vous venez de nous rassurer après trois jours de repos en Normandie en déclarant :

« Je vais bien et rassurez-vous, je ne lâche rien ».

Voilà qui ressemble au « J’y suis, j’y reste » de Mac Mahon.

Jacques Limouzy