La brutalité du PS

 

On se souvient du constat de satisfaction qu’avait exprimé François Hollande il y a quelques mois : « ça va mieux ».

C’est effectivement le cas… en Espagne où la réforme du marché du travail porte ses fruits. En un an, le nombre de chômeurs a régressé de 400 000 ! Deux ans de croissance à 3 % ont permis de créer 1,6 million emplois. Ce n’est pas un hasard si le mouvement d’extrême gauche Podemos (présenté hypocritement comme l’expression de la « société civile ») a perdu les élections.

En France, François Fillon est accusé de vouloir, avec « brutalité », « casser le modèle social ». Quel « modèle » en effet ! Six millions de chômeurs (un million de plus depuis 2012), neuf millions de pauvres, un Etat qui ne retient plus ses jeunes enseignants, qui ne parvient plus à renouveler les véhicules de ses policiers et gendarmes, des juges dépourvus de tout, des prisons sur-occupées, des hôpitaux désorganisés depuis les 35 heures. « Ca va mieux », vraiment ?

Pour camoufler ses échecs et ses trahisons, le PS accuse donc François Fillon de « brutalité ». La gauche a l’habitude de dénoncer la violence de ses adversaires tout en la pratiquant allègrement, au moins dans les mots. Vieil héritage marxiste dont le PS n’a jamais pu s’exonérer, à la différence du SPD, en Allemagne, depuis son fameux congrès de Bad Godesberg (1959).

La gauche manipule les mots pour manipuler les esprits. Un immigré clandestin qui viole donc nos lois devient un « sans-papier » : en somme quelqu’un que l’on a dépourvu volontairement de « ses droits ». Un « exclu » est la victime d’une politique – forcément de droite – destinée à marginaliser une personne.

Mais où la « brutalité » de François Fillon se niche-t-elle quand il décrit la réalité vécue par… les « sans-dents » ? (comme disait élégamment François Hollande). Est-ce brutal de préconiser des réformes qui ont été conduites avec succès par tous les Etats d’Europe, à commencer par l’Allemagne, il y a vingt ans, avec le socialiste Schröder ?

Le PS a décidément un vrai problème psychiatrique : déni de réalité, mensonges cliniques, langage brutal… Ce parti, qui a perdu les couches populaires de la population ne repose plus que sur un petit nombre d’enseignants et d’apparatchiks planqués dans les collectivités locales. Il s’imagine en défenseur de la fonction publique, mais son audience s’y effondre. Les fonctionnaires sont devenus les victimes du PS et de sa politique rétrograde des années 70 : plus de dépenses publiques, plus de fonctionnaires, plus d’impôts, plus de contraintes administratives. L’Etat crève, mais il faut se taire.

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La société se révolte, secoue cette vieille armature bureaucratique et politique : qui de sensé est prêt à croire un M. Hamon qui veut créer un revenu universel qui coûterait… 100 milliards ? Quel humaniste est-il prêt à souscrire à la proposition de M. Peillon qui veut « éradiquer » le christianisme de la société française ?

Qui peut croire aux propos de M. Valls qui s’excuse de s’être fait « imposer » l’usage de l’article 49-3 de la Constitution ?

Qui ne peut voir dans la candidature de M. Macron l’entreprise de « blanchiment » d’une gauche médiatique, parisienne et arrogante, satisfaite de ses « acquis », mais honteuse d’avoir soutenu François Hollande en 2012 ?

Sans « brutalité », mais fermement et sans état d’âme, il faut cette année, croyez-moi, se priver des services de ces gens-là qui allient suffisance et insuffisance.

 

Bernard CARAYON
Président des Républicains du Tarn
Maire de Lavaur
Conseiller régional d’Occitanie